Dans l'édition de
« Nostre vie, disoit Pythagoras, retire à la grande et populeuse assemblée des jeux olympiques :
les uns s'y exercent le corps, pour en acquérir la gloire des jeux ; d'auJtres v portent des marchandises à vendre, pour le gaing : il
en est, et qui ne sont pas les pires, lesquels n"v cherchent aultre fruict que de regarder comment et pourquoy cha.sque chose se faict, et estre spectateurs de la vie des aultres hommes, pour en juger, et régler la leur. » — -Il importe de remarquer que ces derniers, aux yeux de Mont.iigne, ne sont pas les pires. Au fond il les préfère à tous.
« Estre spectateurs de la vie des aultres hommes », c'est le parfait dilettantisme. Montaigne fait bien d'ajouter que c'est pour régler sa propre vie ; mais ce dernier point est quelquefois oublié de ceux qui prennent la vie en « spectateurs ».
5. La philosophie dont il s'agit ici est la philosophie morale. Et c'est par les « exemples » observés dans la vie ordinaire, par les « exemples » de l'histoire aussi, que Montaigne veut que soient formés le caractère et les mœurs de son élève.
Le précepte ne viendra qu'après l'exemple.