‹ Extraits de MontaigneChapitre 131 sur 353 · Ce qu'il est permis de di · texte numérisé non relu

Ce qu'il est permis de di

que c'est que sçavoir et ignorer, qui doit estre le but de l'estude ; que c'est que vaillance, tempérance et justice ; ce qu'il y a à dire entre l'ambition et l'avarice, la servitude et la subjection, la licence et la liberté ; à quelles marques on connoit le vray et solide contentement ; jusques où il faut craindre la mort, la douleur et la honte,

Et quo qucmque modo Jiigiatqiic feralque lahorein ';

quels ressors nous meuvent, et le mo5'en de tant divers branles en nous. Car il me semble que les premiers discours dequoy on luy doit ;ibreuver l'entendement, ce doivent estre ceux qui règlent ses meurs et son sens, qui luy apprendront à se connoistre et à savoir bien mourir et bien vivre ^.

Sapcrc amie, hicipe : vivendi rectc qui prorogat horani, Riis'licHS exspectat dutti dr.jluat amnis, at ille hibilur, et lahetiir in omne voiuhilis ccviim '.

sircr ; à quoi peut servir l'argent dur à gagner; ce qu'on doit faire pour la patrie et pour ses proches aimés : ce que Dieu a voulu que lliomme tut sur terre, et quel rang il lui a assigné parmi les humains ; ce que nous sommes, et pour quelle existence il nous a donné léire... » (Perse, III, 69.)

1. « Et comment nous devons éviter ou supporter les peines. »

(Virgile, Hiiéide, III. v. 459).

2. L'édition de 1595 ajoute ici CCS lignes importantes et très caractéristiques :

« hntre l«^ arts libéraux, commençons par l'art qui nous faict libres : elles servent toutes voirement en quelque manière à l'instruction de nostre vie et h son usage, comme toutes autres choses y servent en quelque manière aussi ; mais choisissons celle qui

y sert directement et professoirement. Si nous sçavions restraindre les appartenances de nostre vie .à leurs justes et naturels limites, nous trouverions que la meilleure part des sciences qui sont en usage est hors de nostre usage ; et en celles mesmes qui le sont, qu'il y a des estendues et enfonceures trcsinutiles que nous ferions mieux de laisser là ; et, suivant l'institution de Socrates, borner le cours de nostre estude en icelles où faut l'utilité. »

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