Ici Montaigne parle en épi
curien qui veut la vertu aimable et f.icile. Au second livre des Essais, il se contredira quelque peu, — mais cela ne l'inquiète guère, — en écrivant que * la vertu refuse la facilité pour compaigne » et qu'elle • demande un chemin aspre et espincux ». Assurément la vertu n'est pas condamnée à n'être que triste et maussade ; toutefois imaginer une morale follastre semble dune humeur un peu gasconne :
on ne la trouva jamais telle qu'a l'abbaye de Thélème.
4. • On devine les tourments de l'âme renfermée dans un corps malade, aussi bien que la joie : le visage réfléchit ces diverses impressions. » (Juvénal, Satires, IX, 18.)
14e ESSAIS DE MONTAIGME
L'ame qui loge la philosophie doit par sa santé rendre sain encores le corps; elle doit faire luire jusques au dehors son contentement, son repos et son aise, doit former à son mole • le port extérieur, et le garnir par conséquent d'nne gratieuse fierté, d'un maintien actif et allègre ^, et d'une contenance rassise et débonnaire î. C'est Barroco et Baralipton 4 qui rendent leurs supposts 5