Serainer. — Etymoiogic
serein (de serenus). Sens : rendre serein. Fréquent dans du Bellay, d'Aubigné, et tous les écrivains du xvi* siècle. Il est devenu rare et se remplace par rasséréner qui a la même racine.
5. L't7>i9c/« (£~;/.uxXo>ç) était un petit cercle, imaginé par les astronomes du moyen âge, et dont le centre parcourt la circonférence d'un cercle plus grand. Epicycles imaginaires doit donc signifier ^Mr« imaginations, Montaigne faisant allusion à quelque emploi de cette figure de ïèpicycle dans la magie ou l'astrologie.
4. Dans les éditions postérieures à 1588 se trouve le passage suivant, qu'il est indispensable de connaître pour pénétrer toute la pensée de Montaigne :
Elle a pour son but la vertu, qui n'est pas, comme dit l'eschole, plantée à la teste d'un mont coupé, rabotteux et inaccessible : ceux qui l'ont approchée la tiennent, au rebours,
logée dans une belle plaine fertile et fleurissante, d'où elle void bien souz soy toutes choses ; mais si peut on y arriver, qui en sçait l'addresse, par des routtes ombrageuses, gazonnees et doux fleurantes, plaisamment, et d'une pante facile et polie, comme est celle des voûtes célestes. Pour n'avoir hanté cette vertu suprême, belle, triumphante, amoureuse, délicieuse pareillement et courageuse, ennemie professe et irréconciliable d'aigreur, de desplaisir, de crainte et de contrainte, ayant pour guide nature, fortune et volupté pour compagnes; ils sont allez, selon leur foiblesse, faindre cette sotte image, triste, querelleuse, despite, menaceuse, mineuse, et la placer sur un rocher à l'escart, emmy des ronces ; fantosme à estonner les gents... Si ce disciple se rencontre de si diverse condition, qu'il ayme mieux ouyr une fable, que la narration d'un beau voyage, ou un sage propos, quand il l'entendra ; qui, au son du tabourin qui amie la jeune ardeur de ses compagnons, se deslourne à un autre qui l'appelle au jeu
insiriiict à vivre, et que l'enf^incc y a sa leçon comme les autres aages, pourquoy ne la luy communique l'on ' ?
Udiiiii et molle liitttm est ; nitncnunc pioperandus, et acri Fiiigcihiiis sine fine rota *.
On nous aprcnt à vivre quand la vie est passée '
•Ce sont abus : ostez toutes ces subtilitez espineuses de la dialectique, dcquoy nostre vie ne se peut amender; prenez les simples discours de la philosophie, sçachez les choisir et traitter à point : ils sont plus aisez à concè-
des battelcurs ; qui, par souhait, ne trouve plus plaisant et plus doux revenir poudreux et victorieux d'un combat, que de la paulme ou du bal, avec le prix de cet exercice : je n'y trouve autre remède, sinon qu'on le mette pâtissier dans quelque bonne ville, feust il fils d'un duc ; suyvant le précepte de Platon : « Qu'il faut « colloquer les enfants, non « selon les facultez de leur « père, mais selon les facultez « de leur ame. »
Et, à propos de ce texte, 011 cite une variante très remarquable qui ne se trouve dans aucune édition des Essais, mais qui se lit, écrite de la main de Montaigne, en marge de l'exemplaire de Hordeaux (exemplaire cliargc de notes, comme on sait). « Je n'y treuvc aiillrc remède, sinon que de bonne heure son gotnerneiir l'estiangle, s'il est sans tesnwings ; ou qu'on le mette pasiissier dans... » Ce remède, en vérité, ne pouvait être qu'une plaisanterie de gascon, un peu forte.
I . o On, en ancien français oms, ont, homs, est proprement un substantif, car il représente le laiin
boino, qui veut dire homme. En qualité de substantif, il est souvent précédé de l'article ; c'est là l'origine de la forme l'on Cette forme était, dans l'ancienne langue, aussi usitée que la forme simple; on la rencontrait particulièrement lorsque l'euphonie la demandait, c'est-à-dire lorsque le mot qui précédait on était terminé par une voyelle.
Et trouve l'on aux vieux registres (Pas<i.,R(ch.,in, 29.)
Cependant, dès le xvi" siècle, l'usage s'est introduit d'éviter l'hiatus d'une autre manière, en intercalant un / euphonique entre la voyelle et le pronom on, et, au xviii* siècle, l-on devient régulier après les verbes. » (Ferdinand Brunot, Grammaire historique.)
2. f L'argile est molle et humide : vite, hatons-nous, et, sans perdre un instant, façonnons-la sur la roue. » (Perse, Satires, III,