Addition de
o Cicero disait que quand il vivrait la vie de deux honmics, il ne prendrait pas le loisir d'estudier les poètes lyriques ; et je treuve ces ergotistes plus trisienient eiicores inutiles. Nostre enfant est bien plus pressé : il ne doibt au paid.igo-
voir qu'un conte de Boccacc '. Un enfant en est capable, au partir de ^ la nourrisse, beaucoup mieux aue d'aprendre à lire ou escrire. La philosophie a des discours pour la naissance des hommes comme pour la décrépitude.
Je suis de l'advis de Plutarque, qu'Aristote n'amusa pas tant son grand disciple ' à l'artifice de composer syllogismes, ou aux principes de géométrie, comme à ^instruire des bons préceptes touchant la vaillance, prouesse, la magnanimité et tempérance, et l'asseurance de ne rien craindre ; et, avec cette munition, il l'envoya encores enfant subjuguer l'empire du monde avec seulement 50000 hommes de pied, 4000 chevaux et quarante deux mille escuz. Les autres arts et sciences, dict-il, Alexandre les honoroit bien, et loùoit leur excellence et gentillesse; mais, pour plaisir qu'il y prît, il n'estoit pas facile à se laisser surprendre à l'affection de les vouloir exercer.
Pclite bine, juvenesqiie ser.esque, Finemanimo certtim, miserisqite viatica cuiiis*.
gisme que les premiers quinze ou seize ans de sa vie, le demeurant est deu à l'action. Employons un temps si court aux instructions nécessaires. »
1. Boccace. célèbre conteur italien (13 13-1575). très en faveur parmi nos lettrés du xvi' siècle.
Sur le modèle de son Dtcnméron, MaK^uerite de Navarre écrivit Y Heptaméron. — Une philosophie plus aisée à concev^.ir qu'iiii conte do Boccace pourr.iit bien ni.inquer de profondeur. Mont.iignc ne veut voir dans l.i philosophie que la morale ; m.ii» il y a, en morale même, des questions a la fois très difficiles ci très importantes. On voit bien que le disciple de Monbicrxc doit .ivoir fini ses études à quin/c ou seiw ans. (Cf. l'addition citée dans la note précédente.)
2. Au partir Je. — C.-à-d. en sortant des bras de la nourrice.
L'emploi de l'infinitif subsiantivé fut une des innovations de Ronr sard et passa de b poésie dans la prose. — Voir page 80, note 4.