C.-à-d. si difficile et dur
5. Montaigne veut dire que le grec ne lui est pas aussi familier que le latin et qu'il ne le lit pas couramment dans le texte. Car il sait du grec, assurément : il fait des citations grecques, et, au chapitre XXV (XXIV) du premier livre, il nous dit comment son père le lui fit apprendre.
6. Conversation {cum versarî) a le sens, fréquent dans Montaiijne, de commerce Jamilier et prolongé avec quflifuun.
7. Desdie s'exp\\<^uc ^ar desmente, et a la même signihcation ou .\ peu près : qui le contredise.
ESSAIS DE MONTAIGN'E
propos, pour en faire présent à son pays '. Nous autres ignorans estions perdus, si ce livre ne nous eust relevez du bourbier : sa mercy ^, nous osons à cett'heure et parler et escrire ; les dames en régentent 3 les maistres d'escole ; c'est nostre bréviaire 4. Si ce bon homme vit, je luy resigne Xenophon pour en faire autant s : c'est un'occupation plus aisée, et d'autant plus propre à sa vieillesse ; et puis je ne sçay comment il me semble, quoy qu'il se desmele bien brusquement et nettement d'un mauvais pas, que toutefois son stile est plus chez soy '', quand il n'est pas pressé et qu'il roulle à son aise v.
1. Pour en faire présent à nos piiys. — Le mot est heureusement trouvé et parfaitement juste. Plutarque est devenu nôtre par cette sorte d'adaptation si exacte qui en a été faite à notre langue. La traduction est une oeuvre originale, le traducteur un auteur, et Amyot est le « Plutarque français ».
2. Sa mercy. — C.-à-d. par sa ■mercy, grâce à lui, comme dans Dieu merci (par la merci de Dieu).
j. En régentent, comme en remontrent à.