‹ Extraits de MontaigneChapitre 218 sur 353 · C'est noire bréviaire, c.-à-d · texte numérisé non relu

C'est noire bréviaire, c.-à-d

cest le livre que nous ne quittons pas d'un jour, et qui

Ne quitte point nos mains, nuit et jour [feuilleté, (BoiLEnu, Aripoit., ch. II.).

notre livre de chevet. Et, en effet, le succès de l'œuvre d'Amyot fut considérable au xvi* siècle. Les hommes de la Renaissance y trouvaient comme la fleur de la sagesse antique et le trésor sacré de toutes les traditions grecques et romaines ; ils goijtaient aussi le charme raffiné de sentir que leur langue, sans rien perdre de sou originale saveur, s'enrichissait, se fortifiait, en s'as-

souplissant au contact de « ces belles formes de parler » des anciens. Quant à Montaigne, on sait assez qu'il cite presque toujours textes et faits, d'après Plutarque :

et ainsi s'explique ce grand apparat d'érudition. — Dans les siècles suivants, chaque fois que d'enthousiasme on revient à Plutarque, on se prend du même coup d'un goiit marqué pour Amyot, et c'est dans Amyot que les théoriciens politiques, Jean-Jacques Rousseau, Madahie Roland, les Girondins, ont puisé la chimérique prétention de refaire à l'antique la constitution de leur pays.

5. Cette phrase fut écrite pour les éditions de 1580 et 15S8, dates auxquelles Amyot vivait etftore (il mourut en 1595), et resta dans les éditions suivantes. Je luy resigne (c.-à-d. je lui assigne encore) Xenophon pouvait être dit par .Montaigne dès 1580, puisque la traduction de Plutarque était finie en 1574.

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