CHAPITRE VIII
De rajfirtion des pères aux en fans,
A Madame d'Hstissac.
Sommairt : Montiigiie dit ètrani;e son entreprise Je se présenter lui-même pour .irgunient et pour sujet, Je se pourtraire au vit dans son livre. — KIoge de M">« d'Estissjc : son affection maternelle. — Loi naturelle d'affection des parents aiit er.tauts et des enfants aux pères. — C'est à la raison, et non à la nature V ! ..lit, de conduire l'alToction que nous témoignons aux enfants et qui doit .iiter avec la counaiss.uicc qu'ils nous donnent d'eux. — Il faut recevoir :.ints au partage de nos biens et i l'intelligence de nos affaires. — Pas de violei'.ce dans l'cducation : comment Montaigne fut élevé et comment il eût élevé ses enfants. — Familiarité avec les enfants : se faire aimer plutôt que se taire craindre. — Le vieillard qui n'est plus maitre dans sa maison. — Le maréchal le Montluc ; ses regrets après la mort de son fils. — Montaigne s'ouvre à ses .iniis tant qu'il peut.
Madame, si restrangctc ne me sauve, et la nouvelleté, qui ont accoustumé de donner pris aux choses, je ne sors jamais à mon honneur de cette sotte entreprise ^ : mais elle est si fantastique et a un visage si esloigné de l'usage commun, que cela luy pourra donner passage. C'est une humeur mélancolique, et une humeur par conséquent très ennemie de ma complexion naturelle, produite par le chagrin de la solitude en laquelle il y a quelques années que je m'estoy jette 3, qui m'a mis premièrement en teste cette resverie de me mesler d'escrire. Rt puis, me trouvant entièrement desgarny e'. vuide de toute autre matière, je me suis présenté niov-