‹ Extraits de MontaigneChapitre 241 sur 353 · Le Rcland furieux · texte numérisé non relu

Le Rcland furieux

2. « Il ne tente que de petites courses. » (Virgile, Gèorgiques, IV,

}. C.-à-d. : quant à mon autre façon d'étudier, l.i première étant de lire pour son plaisir.

4. Il A dit, de même, dans VAvii au lecteur, qu'on pourra retrouver

dans son livre « aucuns traits Je ses conditions et humeurs ».

5. Il faut entendre : dc-p:iis quAinyot Ta traduit et en a Jciit comme une ccuire française origiiuiL-,

6. Aux raisons que Montaigne va nous donner de son goût pour Plutarque, il faut ajouter celle qui a été indiquée plus haut, p. 334, n. i.

ESSAIS DE MONTAIGNB

dressent '. Ces autheurs ont beaucoup de similitude d'opinions ^ ; comme aussi leur fortune les fit naistre environ mesme siècle, tous deux précepteurs de deux empereurs romains 3, tous deux venus de païs estrangier, tous deux riches et puissans. Leurs créances sont des meilleures de toute la philosophie 4, et traictées d'une simple façon et pertinente. Plutarque est plus uniforme et constant, Seneque plus ondoyant et divers. Cettuv-cy se peine, se roidit et se tend pour armer la vertu "contre la foiblesse, la crainte et les vitieux appctis ; l'autre semble n'estimer pas tant leur effort, et desdaiçner d'en haster son pas et se mettre sur sa targue 5. Plutarque a les opinions platoniques, douces et accommodables à la société civile ; l'autre les a stoïques et cpicurienes, plus esloignées de l'usage commun, mais, selon moy, plus commodes et plus fermes. 11 paroit en Seneque qu'il preste un peu ^ à la tyrannie des empereurs de son temps, car je tiens pour certain que c'est d'un jugement forcé qu'il condamne la cause de ces généreux meurtriers de C;usar; Plutarque est libre par tout. Seneque est plein de pointes et saillies ; Plutarque, de choses. Celuy là vous eschauffe plus et vous esmeuî ; ceîtuy-cy vous contente davantage et vous paye mieux : il nous guide, l'autre nous pousse '.

Page 1