‹ Extraits de MontaigneChapitre 243 sur 353 · C.-i-d. : (]ull fait quelques coicessions à · texte numérisé non relu

C.-i-d. : (]ull fait quelques coicessions à

7. Ce parallèle n'est pas céneralement tenu pour exact. Montaigne ne le déclare pas expressément, mais on devine aisément qu'il préfère Plutarque à Sénèqu Il dira, du reste, plus loin, dan ce même chapitre : « C'est mi homme que Plutarque. » Vi' encore la Dèfencc de Seneque et ii • Plutarque, même livre, chap.

Quant à Cicero, les ouvrages qui me peuvent servir chez luy à mon desseing, ce sont ceux qui traitent des meurs et règles de nostre vie. Mais, à confesser hardiment la vérité (car, puis qu'on a franchi les barrières de l'impudence, il n'y a plus de bride), sa façon d'escrire me semble lasche et ennuyeuse, et toute autre pareille iaçon ' : car ses préfaces, digressions, définitions, partitions, etymologies, consument la plus part de son ouvrage ; ce qu'il y a de vif et de mouelle est estouffé par la longueur de ses apprêts-. Si j'ay employé une heure à le lire, qui est beaucoup pour moy, et que je r'amentoive 5 ce que j'en av tiré de suc et de substance, la plus part du temps je n'y treuve que du vent ; car il n'est pas encor venu aux argumens qui ser^'ent à son propos, et aux raisons qui touchent proprement le neud que je cherche. Pour moy, qui ne demande que à devenir plus sage, non plus sçavant, ces ordonnances logiciennes et aristotéliques ne sont pas à propos. Je veux qu'on vienne soudain au point 4 : j'entens assez que c'est que Mort et Volupté ; qu'on ne s'amuse pas à les anatomizer. Je cherche des raisons bonnes et fermes, d'arrivée >, qui m'instruisent à en soustenir l'effort. Ny les subtilitez grammairiennes, ny l'ingénieuse contexlure de paroUes et d'argumentations, n'y servent; je veux des discours qui donnent la première charge ^ dans le plus fort du doubte : les siens languissent autour du

f)ot. Ils sont bons pour l'escolc, pour le barreau et pour e sermon, où nous avons loisir de sommeiller, et sommes encores, un quart d'heure après, assez à temps pour rencontrer le fil du propos. Il est besoin de parler ainsin aux juges qu'on veut gaigner à tort ou à droit.

1. Pasc.il aussi a fort sévèrement juge le style Je Cicéron. « Toutes les fausses beautés que nous blâmons d-ins Cicéron ont des .idinir.iteurs et en grand nombre. »

(l'ensées sur l'i-lpqnence.)

Page 1