‹ Extraits de MontaigneChapitre 245 sur 353 · Plutarque et Sénéque · texte numérisé non relu

Plutarque et Sénéque

5. SiiyJ'i'es, pour >mturt•lle^. — Var. (159s) : • mais non pas leurs mœurs ny eulx. »

autant voir Brutus chez Plutarquo que chez luy mcsnie. Je choisirov phitost.de sçavoir au vray les devis ' que Brutus tenoit en sa tente à quelqu'un de ses privez amis, la veille d'une bataille, que les propos qu'il tint le lendemain à son armée; et ce qu'il taisoit en. son cabinet et en sa chambre, que ce qu'il fliisoit emmy ^ la place et au sénat '. Q.uant à Cicero, je suis du jugement commun, que, hors la science, il n'y avoit pas beaucoup d'excellence en luv : il estoit bon citoyen, d'une nature débonnaire, comme sont volontiers les hommes gras et gosseurs ■♦, tel qu'il estoit ; mais de lâcheté et de vanité, il en avoit, sans mentir, beaucoup. Et si ne sçay comment l'excuser d'avoir estimé sa poësie digne d'estre mise en lumière : ce n'est pas grande imperfection que de mal faire des vers ; mais c'est à luy, faute de jugement, de n'avoir pas sent}- combien ils estoyent indignes de la gloire de son nom >. Quant à son éloquence, elle est du tout hors de comparaison : je croy que jamais homme ne l'égalera. Si est-ce qu'il n'a pas en cela franchi si net son advantagc, comme Vergile a faict en la poësie : car bien tost après luy, il s'en est trouvé plusieurs qui l'ont pensé égaler et surmonter, quoy que ce fust à bien fauces enseignes ^ ; mais à Vergile nul

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