Gsmines, né vers 1445 en
Flandre, mort en 151 1, a créé l'histoire politique dans ses j\/<;iHoires. Successivement attaché au service de Charles le Téméraire, conseiller de Louis XI, disgracié jusqu'.i « tastcr » des cages de fer sous Ch.ules VIII, puis rentré en gr.ice et employé par ce ménie roi, et plus tard par Louis XII, il a pris parti toutes les affaires politiques et diplomatiques de son temps. C'est ce qui donne un grand intérêt à son œuvre.
simplicité; la narration pure, et en laquelle la bonne foy Je l'autheur reluit évidemment, exempte de vanité parlant de soy, et d'affection et d'envie parlant d'autruy; se' discours et enhortemens ' accompaignez plus de oon zèle et de vérité eue d'aucune exquise suffisance; et tout par tout de l'autliorité et gravité, représentant son homme de bon lieu et élevé aux grans affaires^. »
Sur les Mémoires de monsieur du Bellav ' : « C'est tousjours plaisir de voir les choses ej^crites par ceux qui ont essavé comme il les faut conduire; mais il ne se peut nier qu'il ne se découvre évidemment, en ces deux seigneurs icy, un grand déchet •♦ de la franchise et liberté d'escrire qui reluit es anciens de leur sorte, comme au sire de Jouinvile >, domestique de S. Loys; Eginard,
1 . C.-à-d. ses discours pour exhorter, ses exhortations (in-bortari).
2. Comincs est assurément le meilleur des historiens modernes que pouvait citer Montaigne. Et pourtant ce jugement manque des critiques nécessaires. Louis XI et Comines — car on ne saurait les séparer — marquent l'avènement de la diplomatie habile et finassièrc, des calculs, sinon des roueries politiques, au déclin du moyen âge chevaleresque. Si l'habileté est tout pour eux, la justice et la moralité ne leur sont plus rien. Il n'est, en politique, que de « faire des marchanJises », c'est-à-Jire de faire marche avec les consciences, et que de réussir par tous les moyens : le succès justifie tout ; « q ' '^ a la gloire. » Tel es: règne tout le long dtJ ' )n le voit, c'est bien lapoiitique moderne qui commence.
j. Montaigne dit ici \fon'i,-iir
ïtellay et parle, q- ,s
^ loin, de « ces J r^
,^. ». C'est que les .'i.'. - . „;it
il eit question furent rédiges —
ib comprennent dix livres — pour
les quatre premiers et les trois derniers livres, par Martin du Bellnv, et, pour les trois autres (V, VI et VII), par Guillaume du Bellay, seigneur de Langey. — Il y eut, au XVI' siècle, cinq du Bellay célèbres à divers titres; — les deux que nous venons de dire; — Jean du Bellay, un troisième frère (1492- 1560), qui fut évéque de Paris, cardinal, ambassadeur à Rome; — Joachim du Bellay (1524-1560), parent des précédents, le poète de la Pléiade que le cardinal emmena comme intendant à Rome; — et enfin Enstache du Bellay, d'une branche différente, et qui tut aussi évéque de Paris.