I. Montaif^ne gasconne- 1 -il
Etienne Pasquier, s'étant trouvé avec Montaigne aux Etats de Blois quand les lissais venaient de paraître, lui signala « je ne sais quoi du ramage gascon ». — « Et comme il ne m'en voulut croire, raconte-t-il, je le menai en ma chambre où j'avais son livre ; et là je lui montrai plusieurs manières de parler familières non aux françois, ains seulement aux Gascons, un patenostre, un dehte, un rencontre, ces ouvrages sentent à rhuile et à la lampe. Et surtout je lui montrai que je le voyois habiller le mot de jouir du tout à l'usage de Gascogne, et non de notre langue l'rançoise : ni la santé que je jouis jusqu'à présent ; Tamitié est joute à mesure quelle est désirée ; la irait solitude se peut jouir au milieu des lilUs et des cours des rois, etc.
Plusieurs autres locutions lui représentai-je, non seulement sur ce
mot, ains sur plusieurs autres ; et estimois qu'à la première et prochaine impression que l'on feroit de son livre, il donneroit ordre de les corriger. Toutefois non seulement il ne le fit ; mais comme ainsi soit qu'il fut prévenu de mort, sa fille par alliance l'a fait r'imprimer tout del amesmefaçon qu'il estoit; et nous avertit par son épître liminaire que la dame de .'^lontaigne le lui avoit envoyé tout tel que son mari projettoit de le remettre au jour. » — Mais voir à ce sujet page 164, note 2.