C.-à-d. : ne se déconcerte point
Voir page 50, note 6.
J. Et ces essais de son jugement
sur lui-même, Montaigne les caractérise ainsi dans une des page»
curieuses que nous devons passer :
c Le monde regarde toiisjours ris à xns; nHi\, je renverse ma veiie au dedans, je la plante, je l'amuse là.
Chacun regarde deivnt soy ; moy, je regarde dedans moy : je n'ay ajfaire qu'à moy, je me considère sans cesse, je me contrerolle, je me gouste..., je me roiille en moy mesme. »
mais de leur prcster les qualitez qui n'y sont pas, je ne puis, ny les défendre ouvertement des imperfections qu'ils ont : vovre à mes ennemis, je rens nettement ce que je dois de tcsmoignage d'honneur, et ne contons point ma querelle avec autres circonstances qui n'en sont pas; et suis tant jaloux de la liberté de mon jugement que mal avscemcnt la puis-je quitter pour passion due ce soit.
Je connoy des hommes assez qui ont diverses parties belles, qui l'esprit, qui le cœur, qui l'adresse, qui la conscience, q^ui le langage, qui une science, qui un'autre; mais de grand homme en gênerai, non pas parfaict, mais encore ayant tant de belles pièces ensemble, ou une en tel degré d'excellence qu'on s'en doive cstonner ou le comparer à ceux que nous honorons du temps passé, ma fortune ne m'en a fait voir nul. Et le plus grand que j'aye conneu, je di des parties naturelles de l'ame, et le mieux né, c'estoit Estienne de la Boëtie ' : c'estoit vrayement un'ame pleine et qui montroit un beau visage à tout sens, un'ame à la vieille marque et qui eut produit de grands eflFects si sa fortune l'eust voulu, ayant beaucoup adjousté à ce riche naturel par science et estude '.
Les plus rares hommes que j'ave jugé par les apparences externes (car pour les juger à ma mode il les faudroit esclerer ae plus prés), ce ont esté, pour le faict