Montaigne a dit ailleurs
« Ce sont icy mes fantaisies, par lesiquelles je ne tasche point à donner à connoistrc les choses, mais vtoy. » (Liv. II, chap. X.) Et encore il nous prévient qu'il dit librement son « advis de toutes choses, » et que ce qu'il « en opine, c'est aussi pour déclarer la mesure de sa veuë, non la mesure des choses. » Il se ■« roule » en lui-même, « replie sa veuë au dedans, » se considère sans cesse, « se contraste et se gouste. »
5. Ceci ne peut être pris que pour une boutade. Montaigne metlait bien quelque vanité .ï être lu et à constater que sa réputation était plus établie à mesure qu'on s'éloignait de la Gascogne. « En mon climat de Gascogne on tient pour drôlerie de me voir imprimé : d'autant que la cognoissance qu'on prend de moy s'esloigne de mon giste, j'en vaux d autant mieux, j'achette les imprimeurs en Guienne ; ailleurs ils m'achettent, >