Je Us goutte. — C.-à-d. : je les iprome, je Us sens
j. J^en ay essayé. — C.-à-d. :
fen ai éprouvé, ressenti.
la médecine nous enteste. Mais l'effet mesme de l.i douleur n'a pas cete aigreur si aspre et si poignante qu'un homme rassis en doive entrer en rage, et en desespoir. J'ay aumoins ce profit de la cholique, que ce que je n'avoy encore peu sur moy pour me concilier du tout et m'accointer à la mort ', elle le partera : car d'autant plus elle me pressera et importunera, d'autant moins me sera la mort à craindre. J'avoy desjà gaigné cela de ne tenir à la vie que par la vie seulement; elle desnouera encore cette intelligence ^ : et Dieu veuille qu'en fin, si son aspreté vient à surmonter mes forces, elle ne me rejette à l'autre extrémité, non moins vitieuse, d'aymer et désirer à mourir !
Summum nec metiias dievi, ncc optes J.
Ce sont deux passions à craindre, mais l'une a son remède bien plus prest que l'autre.
Q.ue les médecins excusent un peu ma liberté,... j'ay reçu la haine et le mespris de leur doctrine. Cette antipathie que j'ay à leur art m'est héréditaire. Mon père a vescu soixante et quatorze ans, mon ayeul soixante et neuf, mon bisayeul prés de quatre vingts, sans avoir gousté aucune sorte de médecine. Et, entre nous, tout ce qui n'estoit de l'usage ordinaire tenoit lieu de drogue, La médecine se forme par exemples et expérience; aussi fait mon opinion. Voylà pas une bien expresse expérience et bien advantageuse ? Je ne sçay s'ils m'en trouveront trois en leurs registres, nais, nourris et trespassez en mesme maison, ayant autant vescu soubs leurs règles ■«. Il faut qu'ils m'advouent en cela que, si ce