‹ Extraits de MontaigneChapitre 309 sur 353 · C.-i-d. : ma cour lie justice · texte numérisé non relu

C.-i-d. : ma cour lie justice

J. Nous dirions : qui sacbie^.

Mais ce qu'on dit, que la repentance suit de prés le poché, ne semble pas regarder le péché qui est en son haut appareil, qui loge en nous comme en son propre domicile. On peut aesavouër et desdire les vices qui nous surprennent et vers lesquels les passions nous emportent ; mais ceux qui par longue habitude sont (enracinés en une volonté forte et vigoureuse ne sont subjects à contradiction. Le repentir n'est qu'une desditte ' de nostre volonté et opposition de nos fluitasies, qui nous pourmene - à tout sens. Il Hiict desadvouer à celuy-là sa vertu passée et sa continence :

OticS mens est hodie, cur eadem non puero fuit ? Vel cur bis animis incolumes non rcdettnt genu! ' ?

C'est une vie exquise, celle qui se maintient en ordre jusques en son privé. Chacun peut avoir part au battelage 4 et représenter un honneste rolle en l'eschaffaut 5 ; mais au dedans et en sa poictrine, où tout nous est loisible, où tout est caché, d'y estre réglé, c'est le poinct ; le voisin degré, c'est de l'estre en sa maison, en ses actions ordinaires et privées, desquelles nous n'avons à rendre compte à personne, où il n'y a point d'estude, point d'artifice

1. Dcsdilte est le même mot que dt'dit et signifie la révocation d'une volonté, d'une décision prise. .

2. La particule />o«r s'adjoignait à certains verbes pour leur donner une sin;nification plus énergique.

Cf. pourpcnscr. Ici pourmener a le sens de mener, entraîner à travers.

13e là proiimeiier et promener. Ln Boétie écrit : « Si ne veux je pas desbattre cette question tant poiirinenee. »

3. « due n'av.iis-je autrefois l'expérience d'aujourd'hui, ou que n'ai-je gardé sur mes joues le duvet de la jeunesse! » (Hor., Od., IV,

Page 1