‹ Extraits de MontaigneChapitre 310 sur 353 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

De trois Commerces.

Scmmairt : Il fciut »e mettre au train de ceux avec qui l'on est. — Si les femmes doivent être savantes, et dans quelle mesure? La doctrine qui ne leur a pu arriver en l'àme leur est demeurée en la langue. — Mont.iigne né pour la société et l'amitié ; sa conduite dans la foule et dans l'-igitation des cours; il recherche la société de ceux qu'on appelle honnêtes et habiles hommes. — Le commerce avec les livres est le plus sûr de tous; les li%re« sont la meilleure munition pour l'humain voyage. — Montaigne et sa • librairie ».

... Il faut se desmettre ' au train de ceux avec qui vous estes, et par fois affecter l'ignorance. Mettez à part la force et la subtilité : en l'usage commun, c'est assez d'y reserver l'ordre ; irainez vous au demeurant à terre s'ils veulent.

Les sçavans chopent volontiers à cette pierre ^ ; ils font tousjours paraae de leur magistère ' et sèment leurs livres par tout; ils en ont en ce temps entonné 4 si fort les cabinets et oreilles des dames, que si elles n'en ont retenu la substance, au moins elles en ont la mine : à toute sorte de propos et matière, pour basse et populaire

3u'elle soit, elles se servent d'une façon de parler et 'escrire nouvelle et sçavante :

Hoc scrmoiu pavent, hoc tram, gaudia, curas. Hoc ciincta effundunt animi sécréta 5;...

et allèguent Platon et sainct Thomas aux choses ausquelles le premier rencontré serviroit aussi bien de tesnioing : la doctrine qui ne leur a peu arriver en l'ame

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