Bas de poil. — L'expression
est étrangement pittoresque; elle est faite par une métaphore analogue à cette autre : les oreilles hassa. Cela signifie que le trait est plat, qu'il manque de hauteur et de dignité.
5. Ht c'est ce qu'il fait assez, lui, Montaigne. Sans doute, il pense ici a son œuvre.
phiquc t-i généreuse. On le pourra trouver hardy en ses tesnioigiiagcs : comme où il tient qu'un soldat portant un fais de bois, ses mains se roidircnt de froid et se collèrent à sa charge, si qu'elles y demeurèrent attachées et mortes, s'étant départies des bras '. J'ay accoustumé en telles choses de plier soubs l'authorité de si grands tesmoings.
Ce qu'il dict aussi, que \'espasian, par la faveur du dieu Serapis, guarit en Alexandrie une femme aveugle en luy oignant les yeux de sa salive, et je ne sçay quel autre miracle, il le faict par l'exemple et devoir de tous bons historiens. Ils tiennent registre des evenemens d'importance : parmy les accidens publics sont aussi les bruits et opinions populaires. C'est leur rolle de reciter les communes créances, non pas de les régler -■. Cette part touche les théologiens et les philosophes, directeurs des consciences. Pourtant tressagement, ce sien compaignon et grand homme comme luy : Equidem pliira transcribo quant credo : natn nec afirmare siistuieo de quitus dubito, nec subducere qua accepi î : c'est tresbien dict. Qu'ils nous rendent l'histoire plus selon qu'ils reçoivent que selon qu'ils estiment. Moy qui suis rov de la matière que je traicte, et qui n'en dois conte à personne, ne m'en crois pourtant pas du tout : je hasarde souvent des boutades de mon esprit, qui ne me contentent pas ; mais je les laisse courir à 1 avanture, voir si quelque autre s'en contentera. Les jugemens, voire pareils en force, ne sont pas tousjours pareils en application et en goust.
V^oilà ce que la mémoire m'en représente en gros et
I. Départies. — C.-i-d. : sèba- .i-s. Départi, de dis-part itus. Voir page 05, note 4.
a. .Montaigne senible fdre bon marché de la critique historique.
Son goût pour Plutarque l'a peutêtre égaré. Il conçoit trop l'historien comme un conteur d'anecdotes, et trop l'histoire comme un
ramassis de «communes créances ».
Avant d'être une œuvre intéressante, il faut que l'histoire soit une oeuvre exacte.
). « Je transcris plus de choses que je n'en crois vraies; car je n'ose ni affirmer ce dont je doute, ni taire ce que je sais. « (Quintc- Curce, IX, i.)
assez incertainement. Tous jugemens universels sont lâches et daniiereux.