‹ Extraits de MontaigneChapitre 344 sur 353 · hnx entendre disons en Picc-lmit · texte numérisé non relu

hnx entendre disons en Picc-lmit

les autres le font encore plus souvant par faute de foy,

ie prendrois toujours, en chose de fixict, la vérité de la )0uche d'un autre plustost que de la mienne

L'adveriissenient a chacun de se cognoistre doibt estre d'un important cffect, puisque ce Dieu de science et de lumière le fit planter au front de son temple ', comme comprenant tout ce qu'il avoit à nous conseiller. Les difficultez et l'obscurité ne s'apperçoivent en chacune science que par ceux qui y ont entrée : car encore faut-ii quelque degré d'intelligence à pouvoir remarquer qu'on ignore, et faut pousser à une porte pour sçavoir qu'elle nous est close. Ainsin en cette-cy ^ de se cognoistre soy-mesme, ce que ' chacun se voit si résolu et satisfaict, ce que chacun y pense estre suffisamment entendu, signifie que chacun n'y entend rien du tout. Moy, qui ne fois autre profession, y trouve une profondeur et variété si infinie que mon apprentissage n'a autre fruict que de me faire sentir combien il me reste à apprendre. A moy et à ma foiblesse si souvant recogpcuë je doibs l'inclination que j'ay à la modestie, à l'obeyssance des créances qui me sont prescrites, à une constante froideur et modération d'opinions, et la havre à cette arrogance importune et quereleuse se croyant et fiant toute à soy, ennemye capitale de discipline et de vérité. Oyez-les régenter + : les premières sotises qu'ils mettent en avant, c'est au stile > qu'on establit les religions et les loix. Aristarchus disoit qu'anciennement à peine se trouva il sept sages au monde, et que de son temps à peine se trouvoit il sept ignorans : aurions nous pas plus de raison que luy de le dire en nostre temps? L'affirmation et l'opiniastreté sont signes ordinaires de bestise et d'ignorance

1. Diverses miximes Je la s.t- ^esse antiouc étaient gravées J.ins le parvis du temple d'Apollon, à Delphes, et en particulier le « connais-tci toi-même ».

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