‹ Extraits de MontaigneChapitre 347 sur 353 · Voir la note 2 ci -dessus · texte numérisé non relu

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— Est-il bien sûr que .Montaigne eût aimé i servir effectivement dans l'armée ? Ce que nous s.ivons assez de son caractère permet d'en douter.

riionneur et noblesse de cet exercice, son aspreté mesnie et sa ditiiculté '. Vous vous conviez aux lolles et hazards particuliers selon que vous jugez de leur esclat et de leur importance, et voyez quand la vie mesme y est excusablement employée,

Piilchr unique mori succurrit i?t armis '.

De craindre les hazards communs qui regardent une si grande presse, de n'oser ce quêtant de sortes d'ames osent, c est à faire à un cœur vile et bas outre mesure. La compaignie asseure 3 jusques aux enfans. Si d'autres vous surpassent en science, en grâce, en force, en fortune, vous avez des causes tierces 4 à qui vous en prendre ; mais de leur céder en fermeté d'ame, vous n'avez à vous en prendre qu'à vous. La mort est plus abjecte, plus languissante et pénible dans un lict qu'en un combat; les fièvres et les catarrcs, autant doleureux et mortels qu'une harquebusade. Q.ui seroit faict à porter valeureusement les accidents de la vie commune n'auroit poinct à grossir son courage pour se rendre gendarme i

Si j'avois des enfans masles, je leur désnassc ^ volontiers ma fortune : le bon pcre de Dieu me donna, qui n'a de moy que la recogiioissance de sa bonté, mais certes bien gaillarde ', m'envoia dés le berceau nourir à un pauvre village des siens et m'v tint autant que je fus en nourrisse et encores au delà, me dressant à la

1. Le pliilosophc des Essais, dans sa sas^csse égoïste et tranquille, pouvait-il vraiment aimer jusqu'à ce lyrique enthousiasme U vie militaire et ses dangers ? Il n'y a, sans doute, là qu'une émotion littéraire.

2. « Il me vient à l'esprit qu'il cjt beau de mourir sous les armes. » (Virgile, Rnnde, II, 317.)

}. C.-à-d. : donne de V assurance.

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