Chapitre I. — De l'inconstance de nos actions
Contradiction dans les actions de l'homme ; capricieuse instabilité de ses résolutions : d'où la difficulté de faire jugement d'un personnage historique. — Non seulement les circonstances nous changent, mais tous les contraires se trouvent au fond de notre nature.
CuAP. IV. — A demain les ajjaires 218
Eloge d'Amyot.
Chap. VHl. — De l'affection des pères aux en/ans. (A Madame d'Estissac.) 221
Montaigne dit étrange son entreprise Je se présenter lui-même pour argument et pour sujet, de se pouriraire au vif dans son livre. — Hloge de M"» d'Estissac : son alTcclion maternelle. — Loi naturelle d'affection des parents aux enfants et des enfants aux pères. — C'est A la raison, et non  la nature seulement, de conduire l'affection que nous témoignons aux enfants et qui doit s'augmenter avec la connaissance qu'ils nous donient d'eux. — Il faut recevoir le» enfants au partage de nos biens et i l'intelligence de nos affaires. — Pas de violence
(Unt l'éducaiion : comment Montaigne fut élevé et comment il efit élevé ses enfjnbs. — Familuriié avec k-s enfants : se faire aimer plutôt que se faire crainjre. — Le vieillard qui n'est plus maitre dans sa maison. — Le maréchal de Montluc; ses r .-grets après la mort de son fils. — Montaigne s'ouvre i ses amis tant qu'il peut.
Chap. \. - Di!S livres 250
Montaigne expose ici ses fantaisies, les entassant 1 mesure qu'elles se présentent, et voulant donner i connaître non les choses, mais lui. — Il ne cherche daa< les livri."; que le plaisir, et il lit les anc:ens de préférence aux modernes, les latins de préférence aux grecs. — Auteurs simplement plaisants : Boccace, Rabelais, je.m Second, les auteurs des Amadis. l'Arioste, Ovide. — Poètes : Virgile, Lucrèce, Catulle, Horace, Lucain, Plante et Térence, Marti.il. — Philosophes : Plutarque et Siaèque, Cicéron. — Historiens, le vrai « gibier » de l'étude pour ^lotiaigne : c'est son homme, que Plutarque; César, Salluste. Les trois catégories d'historiens : les fort simples, les excellents, et ceux d'entredeux ; comment ils comprennent l'histoire. Froissart, Guicbardin, Commynes, du Bellay.
Ch.\p. XII. — Apologie de Raimond Sebond 257
De la science. — Comment le pérc de Montaigne eut en main 'la Tht'ologlt UAitiTtlli (le Kaimond Sebond. Digression contre le protestantisme. — .Montai;:ne a traduit l'ouvrage de Seb nd. — Il le justihe contre ceux qui lui reprochent d'avoir traité par la raison les choses de la toi. — Montaigne s'indigne contre ceux qui trouvent trop faibles les arguments de la Tht'olpgli naturelle, et c'est pour abattre leur fierté qu'il va prouver tout au long l'impuissance radicale de la raison humaine. — Vanité ridicule de l'homme se prenant pour le centre et le chef-d'oeuvre de la création. — Quel droit avons-nous de nous préférer aux animaux ? Nous leur sommes inférieurs i plus d'un égard — Inanité de la science. — En dehors des vérités que Dieu nous a transmises, nous ne pouvons rien savoir. — Preuves tirées de l'exemple des philosophes : ils n'ont cessé de se contredire : les sceptiques, Epicurc, Platon, etc. — l.a raison ne sait rien sur Dieu. — Impuissance du langage humain. — La fameuse interrogation : Qut mil- je} — Ceux qui dédaignent les arguments de ScbonJ oublient que l'homme ne peut pas seulement se connaître l'ii-mème, ni dans son corps ni dans son 4me. — Contre la philosophie routinière et la superstition d'Aristotc. — Montaigne comprend le danger de sa méthode : elle n'est pas faite pour tous. — Il faut i l'esprit humain des barrières et des lois. — Le bon sens opposé au railonncmenl. — Instabilité des idées de Montaigne et de toutes les opinions humaines. — La folie de nos désirs — Encore les incertitudes des philosophes.
— De la contradiction entre les lois. — Les erreurs des sens. — L'argument du dialiéle, ou l'impossibilité de trouver \ la raison une preuve qui .se puisse passer de toute autre preuve — Rien de stable en nous, ni de vraiment substantiel. — Conclusion : impuissance de l'homme livré il lui-même: il s'élèvera par la grjoc .tivinc, mais non autrement.
Chat. W'Iî. — De la [>rasumption 2^4
C - ; s du corpson certaines manièresqui rcvùleiit l'àme. — .Montai^ lui-même : son esprit; son goût, mais son impuissance dans |j f ce qu'il fait reste au-Jcv^oi». ^o son idéal; tout est grossier clic- f'as charmer par les -lelles d'une belle parole.
— •"• -lie. — Son langag'.' par la barbarie gasconne.
— r j le et portrait moral . , — A ses amis il accorde volontiers plus que leur valeur; i ses ciiucniiî il rciul justice. — Uomm.ige à La Boétie. — Ceux que Montaigne estime les plus grands parmi ses contemporains.
Chap. XVIII. — Du démentir 315
Les hommes rares et fameux devraient seuls, peut-être, se prendre pour sujets de leurs écrits ; mais Montaigne ne parle de lui que pour avoir trouvé le sujet si vaio et si maigre qu'il n'y eût pas d'ostentation, et il ne s'adresse qu'à ceux des siens qui auront un particulier intérêt à sa connaissance.
Chap. XXXII. — Defence de Seneqtie et de Phitarqiie 317
Défense de Stnèque à propos d'un petit livret que ceux de la religion prétendue réformée font courir, et qui emprunte ses reproches i Dion l'historien. — Défense de Plutarque contre les critiques de Jean Bodin, qui l'accusait non seulement d'ignorance, mais aussi d'écrire " des choses incroyables et entièrement fabuleuses ». — Ke pas juger le possible et l'impossible d'après ce que nous pourrions faire. — Il faut, bien loin de le lui reprocher, louer Pluurque d avoir assorti, poui les comparer, ïes Romains aux Grecs.
Chap. XXXVII. — De la ressemblance des enfans aux pères. 325
Le livre de Montaigne, fagotage de tant de diverses pièces, se bitit i diverses poses et intervalles. — ^lontaigne a été atteint, c'est le sort de la vieillesse, de la maladie dont il avait la plus grande horreur : il a déj.^ appris à s'y accommoder. — Il sent plus vivement les souffrances corporelles que les peines de l'àme; pourtant l'imagination les lui avait représentées plus insupportables qu'elles ne sont k la vérité. — La maladie le familiarise avec l'idée de la mort. — Contre les médecins.