Aucuns. — Sens .iffirm.itif
quelques-uns. — Voir p.ige 49, note I.
4. Heur. — Heur est un vieux mot. encore usité dans la poésie et dans la prose élevée, et qui, par lui-même (ropposition avec malbeur l'indique assez ici), a le sens de bonheur, c.-à-d. chance heureuse, hiirne fortune. Cf. la locution heur et malheur. — Dans bonheur il y a une idée de plus, celle de la conti-
nuité, d'un état h.ibituel à'heureuse chance. Heur entre dans la formation de bonheur, de malheur, à'hcureu.x, hicnheurcu.x, malheureux.
5 . C.-à-d . je me console aussi sur ce qu'il me souvient. — Ce passage a été beaucoup développé dans l'édition de 159). Montaigne ou son éditeur avait donc mis à la place de aussi le mot secondement, qui rappelle davantage premièrement.
6. Cicéron, dans le Prc Ligario, a dit : « Oblivisci nihil soles, nisi injurias, s
7. Faire dijjèrence est une des expressions formées d'un substantit et d'un verbe directement unis, que le XVI' siècle employait en très grand nombre '.faire guerre, donner loisir, et autres qui sont perdues. Il nous reste avoir faim, avoir pitié, faire pitié, faire réponse, inspirer confuvtce, etc., etc. — Notre langue ne fait plus « différence » entre dire mensonge et mentir.
dire mensonge, c'est dire chose fauce, mais qu'on a pris ' pour vraye, et que la définition du mot de tiinitir en latin, d'où nostre françois est party, porte autant comme ^ aller contre sa conscience, et que par conséquent cela ne touche que ceux qui disent contre ce qu'ils sçavent, desquels je parle. Or ceux icy ', ou ils inventent marc et tout 4, ou ils déguisent et altèrent un fons véritable. Lors qu'ils déguisent et changent, à les remettre î souvent en ce mesme conte, il est mal-aisé qu'ils ne se desferrent ^, par ce que la chose comme elle est s'estant logée la première dans la mémoire, et s'y estant cmpreincte par la voye de la connoissance et de la science, il est mal-aisé qu'elle ne se représente à l'imagination, délogeant la fauceté, qui n'y peut avoir le pied si ferme ny si rassis ; et que les circonstances du premier aprentissage, se coulant à tous coups dans l'esprit, ne iaccnt perdre le souvenir des pièces raportées faulses ou
1 . Qu'on a pris. — Dans la vieille langue, le participe fut, de bonne heure (xi" siècle), considéré comme un élément constitutif et inséparable d'un prétérit composé.
fai connu correspondait a une forme cogiiitum habco, équivalente à coguoii. Peu à peu on perdit de vue la forme habeo cognitain mat rein, )' lit cotmn-e la iih-re, et surtout dans les phrases où le participe s'isolait du régime pour se rapprocher du verbe. De là la suppression facultative de l'accord, même quand le régime précède, du xil° au XV' siècle, et encore au xvi° dans Montaigne. Pourtant Marot avait déjà formulé en vers la règle absolue de l'accord pour le cas où le régime précède le participe. L'usage, malgré tout, demeura, sur ce point, très capricieux.
2. Jiilant romme. — Comme .s'employait régulièrement après les divers termes de comparaison {tant, autant, si, aussi), que nous
faisons suivre de que. « 'l'ant à dexlrc comme à scncstrc. » (Rah., Garg., I, 23). — Et Corneille dit encore : « 2"'' fosse autant pour soi comme je fais pour lui. » {Le Menteur).
5 . /ç' et ci sont employés presque indifféremment dans l'ancienne langue. D'où la forme du pronom ctux icy pour ceux -ci
4. Ils inventent marc et tout. — Ils inventent résidu et suc, tout de tontes pièces. Curieuse expression qui sent bien son terroir de Gasîcogne.
5. A les remettre. — Si on le remet, dans le cas oii on les remet.
Cette construction de à avec l'infinitif, qui devient alors un complément circonstantiel, est encore aujourd'hui d'une bonne langue.
6. Se desferrent. — Se perdent leurs fers, et ne soient plus sûrs d'eux-mêmes, comme un cheval qui est déferré.
abastardics. En ' ce qu'ils inventent tout à faict, d'autant qu'il- n'y a nulle impression contraire qui choque leur tauceté, ils semblent avoir d'autant moins à craindre de se mesconter'. Toutesfois encore cecy, par ce que c'est un corps vain et sans prise, eschappe volontiers à la mémoire, si elle n'est bien asseurée. Dequoy ^ j'ay souvent veu l'expérience, et plaisammant, aux despens de ceux qui font profession de ne former autrement leur parole que selon qu'il sert aux affaires qu'ils negotient, et qu'il plaist aux grands à qui ils parlent : car ces circonstances à quoy > ils veulent asservir leur'foy et leur conscience estans subjcttes à plusieurs changements, il Jaut que leur parole se diversifie quand et quand ^, a où il advient que de mesme chose ils disent gris tantost, imn-^ tosT jaune ~ ;.à Xcl homme d'une sorte, à tel d'une autre j et si par fortune ces hommes raportent en butin leurs instructions si contraires, que devient cette belle artJ-L Ontn^ ^e^ qu'impriL^pn-imt^nr Us se desferrent euj
1. En est mis pour dans. — En (Je in) est une préposition beaucoup plus ancienne, et elle a étc cmplovéc dans tous les cas où nous nous servons de dans (de et f'i^), qui ne date guère que du xV siècle et n'est devenue d'un usage fréquent que dans la seconde moitié du xvi°.