CHAPITRE XIX
(Chapitre XVIII dans l'cdilion de i)'-')).)
Oiril lie faut ju^^cr de nostre heur qiC après la mort.
S^'>■■mlllnire : Divers exemples qui prouvent qu'il ne faut juge, de notre heur qu'après la mort. — C'est par leur attitude devant la mort que s'apprécie la vie des hommes.
Scilicet ultima sempcr
Expedanda dies homini est, diciqnc beatus
Ante ohilttr/t nemo siipremaqne fttnera débet*.
Les enfants sçavent le conte du roi Crœsus î à ce propos, lequel avant esté pris par Cyrus et condamné à la mort, sur le point de l'exécution, il s'escria : « O Solon, Solon! » Cela rapporté à Cvrus, et s'estant cnquis que 4 c'estoit à dire, il luy fist entendre qu'il verifioit lors à ses despens l'advertissement qu'autrefois luy avoit donné Solon, que les hommes, quelque beau visage que fortune 5 leur face, quelques richesses, royautez et empires qu'ils se vovent entre mains, ne se peuvent appellei heureux jusques à ce qu'on leur aye vcu passer le dernier jour de leur vie, pour l'incertitude et variété des
1. Chapitre Xl'III (Chapitre XVII dans l'édition de 1595). — De la peur.