‹ Extraits de MontaigneChapitre 61 sur 353 · Comme pour comment. — Voir p.ige 72, note i · texte numérisé non relu

Comme pour comment. — Voir p.ige 72, note i

6. Montaigne a déjà dit (voir page 74, note 2) : pensement de thosc si esloignèe, c.-à-d. de la mort. ,• 7. Ce qu'on appelle le t euphonique disparait ici. La véritable forme de la troisième personne de la première conjugaison était // niinet (de anuit), et le t de la troisième personne des autres conjugaison (/'/ finit, il rompt) figurait aussi à la prejiiière conjugaison dans le vieux français. Plus tard le t de il aimet disparut, parce qu'il était muet, et la forme devint il aime. Mais ce t persista dans les formes interrogatives aimet il?

chantet il ? où il était prononcé.

On finit pourtant par oublier l'origine de ce t, on le regarda comme purement euphonique et on le sépara du mot par un tiret. De là, dès 'e XVI' siècle, cette manière d'écrire : aime-t-iU Quelques écrivaiiis supprimèrent ce t, dont la préience leur sembla inexpliquée et inutile. On eut donc (ju'im/iorle il.' où la vieille langue aurait écrit

de cet advis, et en quelque manière qu'on se puisse mettre à l'abri des coups, fût ce soubs la peau d'un veau, je ne suis pas home ' qui y reculasse ^ : car il me suffit de passer à mon aise, et le meilleur jeu que je me puisse donner je le prens, si peu glorieux au reste et exemplaire que vous voudrez >.

Pnctulirim ddirm inersque videri, Dtim tma délectent niahi me, vel deniqiie /allant. Quant sapere et ringi *.

Mais c'est folie d'y penser arriver par là. Ils vont, ils viennent, ils trottent, ils dansent; de mort nulles nouilles 5. Tout cela est beau; mais aussi quand elle arrive, .>Li à eux, ou à leurs femmes, enfans et amis, les surprenant à l'improveu et au découvert ^, quels tourmens! quels cris ! quelle rage ! et quel desespoir les accable ! \'iles vous jamais rien ' si rabaissé, si changé, si confus? 11 v faut prouvoir *• de meilleur 9 heure; et cette nonchalance bestiale, quand elle pourroit loger en la teste

qu'imporlet il? et où, par uni.' curicase confusion, nous écrivons quiir.t<t^rtc-\,-ilf C'est Vaugelas qui impos.1 définitivement l'orthographe a-t-il.

1 . Home. — C'est l'orthographe étymologique. Du latin bomimm.

— D'ailleurs Montaigne écrit aussi komme.

2. L'expression : je ne suis pas hoine qui, construite avec la première personne, se rapproche plus de la tournure latine : non is sum qui. Dans l'édition de 15g; le texte est devenu : je ne suis pas homme qui y recnlast. Le chanfjemcnt n'est guère conforme au latinisme qu'affecte si souvent le style de Montaigne.

}. .Montaigne ne pouvait guère se piquer d'héroïsme. Ici pourtant il cxjçîcre, par humour et pour le 'ocvniii de la lîaturjllc.

thèse, sa prudence

4. « J'aimerais mieux passer pour un fou et un malappris, si je pouvais cependant me plaire à mes défauts ou ne les point voir, que d'avoir du bon sens et de me désespérer. » (Horace, Epitres, II, n, 126. — Traduction Patin.)

5. C'est là un petit tableau d'un trait net, rapide, et dont l'expressive vivacité fait songer à La Fontaine.

6. A l'imprm'eu et au déeouvert signifie : à V improviste et quand rien ne les protège. Ce sont des expressions formées de participes pris substantivement. Cf. au vu et au su de. à Tinsu de. — Imptoveu est l'orthographe étymologique : in, providere.

Page 1