I. V. p. 5 h récit de l'asquicr
ncur à leur religion en lui apportant l'adhésion lovale d'un esprit convaincu et logique. S'il était allé jusqu'au bout de sa théorie, il se serait aperçu qu'elle ne pouvait s'accorder avec ses croyances. La raison sans doute ne suffit pas, toute seule, à nous acquérir la foi ; mais c'est à elle d'en montrer la convenance, d'en étudier les preuves, de nous mener jusqu'au seuil du sanctuaire où nous accueille la grâce divine. Si la raison ne pouvait rien démontrer, la foi elle-même resterait aveugle et instinctive; l'Eglise, en condamnant \c fidcisnte, revendique, en même temps que les droits de Dieu à être cru sur parole, les droits de la raison humaine à vérifier le fait de la Révélation. Avec sa philosophie, Montaigne n'eut pas du, logiquement, être chrétien; ou bien, étant chrétien, il aurait dû réformer sa philosophie. Les âmes vraiment supérieures n'admettent pas de ces contradictions, de ces cloisons étanches qui empêchent l'harmonie de s'établir entre leurs facultés. Il n'y a de vraie lumière que celle qui éclaire l'horizon entier.
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