Art était féminin. — Voir page 96, note
5. Voir, pour l'-iccord des participes passés, page $o, note i.
6. Tlialcs, philosophe de l'école ionienne, naquit à Milct (vers 640 avant J-C).
accusant quelque fois le soing du mesnage et de s'enrichir, on luy reprocha que c'estoit à la mode du renard ', pour n'y pouvoir advenir. Il luy print envie, par passetemps, d'en montrer l'expérience, et, ayant pour ce coup ravalé son sçavoir au service du proffit et du gain, dressa une trafique - qui dans un an rapporta telles richesses qu'à peine en toute leur vie les plus expérimentez de ce mestier là on pouvoient faire de pareilles.
Par ainsi ' je quitte cette raison, et croy qu'il vaut mieux dire que cela vienne ■♦ à nos maistres d'escole de leur mauvaise façon de se prendre aux sciences, et qu'à la mode dequoy 5 nous sommes instruicts, il n'est pas merseille si ny les escholiers ny les maistres n en deviennent pas plus habiles, quoy qu'ils ^ s'y facent plus sçavans. De vray, le soing et la despence de nos pères ne vise qu'à nous garnir la teste de science; du jugement et de la vertu, nulles nouvelles?. Nous nous
ï. A la mode du renard. — La fable du renard et des raisins était dans Esope, et aussi dans Phèdre ; mais le recueil du fabuliste latin ne fut publié qu'en 1596, d'après un manuscrit que François Pithou découvrit dans une abbaye de Champagne. Au surplus, le moyen âge avait connu l'aventure et « la mode du renard >.
2. Il V a, {>our ce mot, les deux formes trafic (masculin) et trafique (féminin), dans l'ancien tranvais.
5. Par ainsi est une vieille locution que le peuple garde encore.
et qui signifiait en conséqttaice. « Par ainsi, tout esprit n'est propre à tout sujet. » (Régnier.) On la trouve dans les meilleurs écrivains jusqu'au milieu du xvii* siècle. Mais Vaugelas déclara que cette conjonction, dont M. Coeffeteau et M de M.ilherbe se servaient si souvent, n'était presque plus en usage. — < '*.parquoy qui avait le même sens.
4. Qtu cela vienne . — C'esilesubjonctif déjà expliqué p. 100, n. 6.
<y. A la mode dequoy. — C.-à-d.
à la manière dont. — Quoi, peu usité d'abord, s'emploie, dès le XVI* siècle, très fréquemment avec une préposition et se rapporte à toutes sortes d'antécédents, noms de choses ou noms de personnes, masculins ou féminins. — Voir
p. jji, n. 4 et 5, et p. 70, n. 5.
o. Pour la formation de quoique, voir page 70, note 2.
7. Voici le développement tel qu'il a été modifié dans l'édition de 1595 : « De vr.iy, le soing et la despence de nos pères ne vise qu'à nous meubler la teste de science :
du jugement et de la vertu, peu de nouvelles. Criez d'un passant à nostre peuple : « O le s.;avant homme 1 » et d'un aultre : « O le bon homme !» il ne faudra pas à destourner les yeulx et son respect vers le premier. Il y faudroit un tiers crieur : « O les lourdes testes ! » Nous nous cliquerons volontiers... »
enquerons volontiers : Sç;iit-il du grec ou du latin ? escrit-il en vers ou en prose ? mais s'il est devenu meilleur ou plus advisé, c'estoit le principal, et c'est ce qui demeure derrière. Il falloit s'enquérir qui est mieux sçavant, non qui est plus sçavant '.
Nous ne travaillons qu'à remplir la mémoire, et laissons l'entendement vuide. Tout ainsi que les oyseaux vont quelquefois à la qucste du grcin et le portent au bec sans le taster, pour en faire bêchée ^ à leurs petits, ainsi 5 nos pédantes 4 vont pillotant la science dans les livres, et ne la logent qu'au bout de leurs lèvres, pour la dégorger seulement et mettre au vent 5. Mais ^, qui
1. La formule est heureuse et exprime avec la netteté la plus précise l'idée que Montaigne s'était faite de l'éducation. Il voulait que, entre les diverses facultés, on s'attacliàt avant tout à former le jugement, et que, entre les diverses connaissances, on eût un particulier souci de celles qui font les esprits droits et sensés. Et ces conn.iissances, il f.iudrait non les entasser, non en accabler l'esprit jusqu'à i( l'cstouffer », mais « en . ouster la crouste première », s'en
-.similcr ce qui peut se digérer >ans fatigue. Mieux vaut, pour ];ii, une tcle bien faite qu'une tête bien pleine.
2. Aujourd'hui ou écrit bec- ;iiéc, parce que la prononciation dure a prévalu.
j. Nous avons vu que, par ailleurs, Montaigne emploie aussi en corrél.ition avec tout ainsi que.