INTRODUCTION
Quelques mots seront peut-être utiles pour indiquer la méthodo que nous avons suivie dans la composition de ce volume. Deux systèmes se présentaient pour la disposition de ces Extraits : le groupement par nature de matière : Pédagogie générale, régime intérieu)', -programme d'éludés, discipline, etc. ; et le classement par ordre chronologique. C'est l'ordre chronologique que nous avons cru devoir adopter et pour deux raisons : d'abord parce qu'il nous a paru avoir l'avantage de permettre de suivre la pensée de Mme de Maintenon dans son développement naturel et dans ses transformations ; ensuite parce que les mêmes lettres traitent souvent de plusieurs questions l la fois et qu'il aurait fallu les découper, c'est-à-dire en mutiler ou en détruire la vie pour faire rentrer chaque pièce détachée dans son cadre spécial. Nous nous sommes borné à rapprocher sous forme de notes, surtout pour les premiers morceaux qui renferment les principes fondamentaux — à titre de compléments utiles, d'éclaircissements ou même de simples comparaisons, — certains passages des Lettres auxquelles nous n'avons pu faire une place. Pour ces notes aussi d'ailleurs, nous nous sommes fait un devoir d'indiquer la date du morceau auquel il était emprunté.
Dans le choix des Extraits, nous nous sommes donné pour règle de prendre soit en totalité, soit par fragments, les Lettres, Avis, Conseils, Entretiens, Conversations ou Proverbes d'un intérêt pédagogique permanent. L'objet de ce volume est non de faire connaître les règles qui se pratiquaient à Saint-Cyr, mais celles qui, représentant des maximes générales d'éducation, peuvent et doivent être suivies partout.
Le nombre des morceaux aurait pu être plus considérable; nous nous sommes restreints à l'essentiel. Au texte nous n'avons ajouté aucun commentaire. Le fond étant de pédagogie courante est accessible à tous les lecteurs; la langue parfois incorrecte, si l'on regarde à la construction grammaticale, mais toujours ferme et limpide, rendait toute glose superflue. Partout où l'observation, dépassant la mesure ou ne répondant plus à nos mœurs, prête le flanc à la critique, il nous a paru bon que ceux auxquels le livre est destiné fussent directement juges.
Il n'eût pas été sans intérêt peut-être, ni sans profit assurément, de fournir en regard des pensées de Mme de Maintenon, les pensées analogues de quelques-uns de ses contemporains, moralistes ou pédagogues, Fleury, Fénelon, La Bruyère, Mlle de Scudéry, BIme de Sévigné, Mme de Lambert, etc., ou des interprètes les plus autorisés des doctrines de l'éducation en France, Montaigne, Port-Pioyal, Rousseau, Mme de Genlis, Mme de Necker, BIme Guizot, elc. Nous avions commencé à faire ce travail de rapprochements criti(iues; mais pour le bien faire, il fallait une place dont nous ne disposions pas, et nous avons mieux aimé renoncer à toutes les ccsnparaisons que d'en établir d'insuffisantes.
hn fin nous avons adopté partout, sauf un très petit nombre de , riantes, le texte établi avec tant de soin car M. Th. Lavallée.