‹ Extraits de ses œuvresChapitre 14 sur 60 · Soavours et portraits, t. I, p · texte numérisé non relu

Soavours et portraits, t. I, p

De la morale fondée sur Fiutérêt personnel.

Les écrivains français ont eu tout à fait raison de considérer la morale fondée sur l'intérêt comme une conséquence de la métaphysique qui attribuait toutes les idées aux sensations. S'il n'y a rien dans Tàmc que ce que les sensations y ont mis, l'agréable ou le désagréable doit être Tunique mobile de notre volonté. Helvétius\ Diderot^, Saint-Lambert^, n'ont pas dévié de celte ligne, et ils ont expliqué toutes les actions, y compris le dévouement des martyrs, par l'amour de soi-même.

Comme la tendance des hommes vers le bonheur est la plus universelle et la plus active de toutes, on a cru fonder la moralité de la manière la plus solide, en disant qu'elle consistait dans l'intérêt personnel bien entendu. Cette idée a séduit des hommes de bonne foi, et d'autres se sont proposé d'en abuser, et n'y ont que trop bien réussi. Sans doute, les lois générales de la nature et de la société mettent en harmonie le bonheur et la vertu ; mais ces lois sont sujettes à des exceptions très nombreuses, et paraissent en avoir encore plus qu'elles n'en ont.

L'on échappe aux arguments tirés de la prospérité du vice et des revers de la vertu, en faisant consister le bonheur dans la satisfaction de la conscience; mais cette satisfaction, d'un

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