‹ Extraits de ses œuvresChapitre 16 sur 60 · Jean le Bon · texte numérisé non relu

Jean le Bon

faite; tout n'y est pas prudence, tout n'y est pas calcul; et, quand une action sublime ébranle toutes les puissances de notre être, nous ne pensons pas que Thomme généreux qui se sacrifie a bien connu, bien combiné son intérêt personnel : nous pensons qu'il immole tous les plaisirs, tous les avantages de ce monde, mais qu'un rayon divin descend dans son cœur, pour lui causer un genre de félicité qui ne ressemble pas plus à tout ce que nous revêtons de ce nom, que l'immortalité à la vie.

De V Allemagne.

De la conscience du bien et du mal.

Locke s'est particulièrement attaché à prouver qu'il n'y avait rien d'inné dans l'âme* : il avait raison, puisqu'il mêlait toujours au sens du mot idée un développement acquis par l'expérience; les idées ainsi conçues sont le résultat des objets qui les excitent, des comparaisons qui les rassemblent, et du langage qui en facilite la combinaison. Mais il n'en est pas de même des sentiments ni des dispositions ni des facultés qui constituent les lois de l'entendement humain, comme l'attraction et l'impulsion constituent celle de la nature physique.

Une chose vraiment digne de remarque, ce sont les arguments dont Locke a été obligé de se servir pour prouver que tout ce qui était dans l'âme nous venait par les sensations. Si ces arguments conduisaient à la vérité, sans doute il faudrait surmonter la répugnance morale qu'ils inspirent ; mais on peut croire en général à cette répugnance, comme à un signe infaillible de ce que l'on doit éviter. Locke voulait démontrer que la conscience du bien et du mal n'était pas innée dans l'homme, et

1. C'est dans son célèbre Essai sur l'entendement humain, que ce philosopli»^ rejette absolument toute idée innée, c'est-à-dire, née de nous, en nous (et no a pas née avec nous)., ayant en nous, dans la faculté de raison, son origine; non due à Yexpérience.

qu'il ne connaissait le juste et l'injuste, comme le rouge et ie bleu, que par Texpérience ; il a recherché avec soin, pour parvenir à ce but, tous les pays où les coutumes et les lois mettaient des crimes en honneur ; ceux où Ton se faisait un devoir de tuer son ennemi, de mépriser le mariage, de faire mourir son père quand il était vieux. Il recueille attentivement tout ce que les voyageurs ont raconté des cruautés passées en usage. Qu'est-ce donc qu'un système qui inspire à un homme aussi vertueux que Locke de l'avidité pour de tels faits?

Que ces faits soient tristes ou non, pourra-t-on dire, l'important est de savoir s'ils sont vrais. — Ils peuvent être vrais, mais que signifient-ils? Ne savons-nous pas, d'après notre propre expérience, que les circonstances, c'est-à-dire les objets extérieurs, influent sur notre manière d'interpréter nos devoirs? Agrandissez ces circonstances, et vous y trouverez la cause des erreurs des peuples; mais y a-t-il des peuples ou des hommes qui nient qu'il y ait des devoirs? A-t-on jamais prétendu qu'aucune signification n'était attachée à l'idée du juste et de l'injuste? L'explication qu'on en donne peut être diverse, mais la conviction du principe est partout la même ; et c'est dans cette conviction que consiste l'empreinte primitive qu'on retrouve dans tous les humains.

Quand le sauvage tue son père, lorsqu'il est vieux, il croit lui rendre un service; il ne le fait pas pour son propre intérêt, mais pour celui de son père : l'action qu'il commet est horrible, et cependant il n'est pas pour cela dépourvu de conscience; et de ce qu'il manque de lumières, il ne s'ensuit pas qu'il manque de vertus. Les sensations, c'est-à-dire les objets extérieurs dont il est environné, l'aveuglent; le sentiment intime qui constitue la haine du vice et le respect pour la vertu n'existe pas moins en lui, quoique l'expérience l'ait trompé sur la manière dont ce sentiment doit se manifester dans la vie.

Préférer les autres à soi quand la vertu le commande, c'est précisément ce qui fait l'essence du beau moral, et cet adrai-

rable instinct de 1 ame, adversaire de l'instinct physique, est inhérent à notre nature; s'il pouvait être acquis, il pourrait aussi se perdre ; mais il est immuable, parce qu'il est inné. Il est possible de faire le mal en croyant faire le bien, il est possible de se rendre coupable en le sachant et en le voulant; mais il ne l'est pas d'admettre comme vérité une chose contradictoire, la justice de l'injustice.

L'indifTérence au bien et au mal est le résultat ordinaire d'une civilisation, pour ainsi dire, pétrifiée, et cette indiflérence est un beaucoup plus grand argument contre la conscience innée que les grossières erreurs des sauvages; mais les hommes les plus sceptiques, s'ils sont opprimés sous quelques rapports, en appellent à la justice, comme s'ils y avaient cru toute leur vie; et lorsqu'ils sont saisis par une affection vive et qu'on la tyrannise, ils invoquent le sentiment de l'équité avec autant de force que les moralistes les plus austères. Dès qu'une flamme quelconque, celle de l'indignation ou celle de l'amour, s'empare de notre âme, elle fait reparaître en nous les caractères sacrés des lois éternelles.

Si le hasard de la naissance et de l'éducation décidait de la moralité d'un homme, comment pourrait-on l'accuser de ses actions? Si tout ce qui compose notre volonté nous vient des objets extérieurs, chacun peut en appeler à des relations particulières pour motiver toute sa conduite; et souvent ces relations diffèrent autant entre les habitants d'un même pays qu'entre un Asiatique et un Européen. Si donc la circonstance devait être la divinité des mortels*, il serait simple que chaque homme eût une morale qui lui fût propre, ou plutôt une absence de morale à son usage ; et pour interdire le mal que les sensations pourraient conseiller, il n'y aurait de bonne raison à opposer que la force publique qui le punirait ; or, si la force publique commandait l'injustice, la question se trouverait résolue ; toutes

1. C'est-à-dire, si la circonstance devait être notre règle et noire dieu..

les sensations feraient naître toutes les idées qui conduiraient à la plus complète dépravation.

Les preuves de la spiritualité de rame ne peuvent se trouver dans l'empire des sens; le monde visible est abandonné à cet empire; mais le monde invisible ne saurait y être soumis ; et si Ton n'admet pas des idées spontanées*, si la pensée et le sentiment dépendent en entier des sensations, comment l'àme, dans une telle servitude, serait-elle immatérielle? Et si, comme personne ne le nie, la plupart des faits transmis par les sens sont sujets à l'erreur, qu'est-ce qu'un être moral qui n'agit que lorsqu'il est excité par des objets extérieurs, et par des objets même dont les apparences sont souvent fausses?

Un philosophe français a dit, en se servant de l'expression la plus rebutante, que la peiisce n'était autre chose quun produit matériel du cerveau. Cette déplorable définition est le résultat le plus naturel de la métaphysique qui attribue à nos sensations l'origine de toutes nos idées. On a raison, si c'est ainsi, de se moquer de ce qui est intellectuel, et de trouver incompréhensible tout ce qui n'est pas palpable. Si notre âme n'est qu'une matière subtile mise en mouvement par d'autres éléments plus ou moins grossiers, auprès desquels même elle a le désavantage d'être passive : si nos impressions et nos souvenirs ne sont que les vibrations prolongées d'un instrument dont le hasard a joué, il n'y a que des fibres dans notre cerveau, que des forces physiques dans le monde, et tout peut s'expliquer d'après les lois qui les régissent. Il reste bien encore quelques petites difficultés sur l'origine des choses et le but de notre existence, mais on a bien simplifié la question, et la raison conseille de supprimer en nous-mêmes tous les désirs et toutes les espérances que le génie, l'amour et la religion font concevoir; car l'homme ne serait alors qu'une mécanique de plus dans le grand mé-

1. C"cst-à-dire, nées do nous-mêmes {sponte}, non venues, plus ou moin» accidentellement, de l'extérieur.

canisme de liinivers, ses facultés ne seraient que des rouages, sa morale un calcul, et son culte le succès.

De V Allemagne.

De l'idée de Dieu.

Locke, croyant du fond de son âme à l'existence de Dieu, établit sa conviction sur des raisonnements qui sortent tous de la sphère de Texpérience : sur ce fondement, il affirme qu'il y a un principe éternel, une cause primitive de toutes les autres causes; il entre ainsi dans la sphère de Tinfini, et l'infini est par delà toute expérience! mais Locke avait une telle peur que ridée de Dieu ne pût passer pour innée dans l'homme; il lui paraissait si absurde que le Créateur eût daigné, comme un grand peintre, graver son nom sur le tableau de notre âme, qu'il s'est attaché à découvrir dans tous les récits des voyageurs quelques peuples qui n'eussent aucune croyance religieuse. On peut, je crois, l'affirmer hardiment, ces peuples n'existent pas. Le mouvement qui nous élève jusqu'à l'intelligence suprême se retrouve dans le génie de Newton comme dans l'àme* du pauvre sauvage dévot envers la pierre sur laquelle il s'est reposé. Nul homme ne s'en est tenu au monde extérieur, tel qu'il est, et tous se sont senti au fond du cœur, dans une époque quelconque de leur vie, un indéfinissable attrait pour quelque chose de surnaturel; comment se peut-il qu'un être aussi religieux que Locke s'attache à changer les caractères primitifs de la foi en une connaissance accidentelle que le sort peut nous ravir ou nous accorder?

Tout ce qui est visible parle à l'homme de commencement et de fin, de décadence et de destruction. Une étincelle divine est seule en nous l'indice de l'immortalité. De quelle sensation

1. Aussi bien que dans le génie de JS'eœton, daiis Vdme... serait mieux dit.

vient-elle? Toutes les sensations la combattent, et cependant elle triomphe de toutes. — Quoi! dira-t-on, les causes finales, les merveilles de luniverSjla splendeur des cieuxqui frappe nos regards, ne nous attestent-elles pas la magnificence et la bonté du Créateur? — Mais le livre de la nature est contradictoire ; l'on y voit les emblèmes du bien et du mal presque en égale proportion; et il en est ainsi pour que l'homme puisse exercer sa liberté entre des probabilités opposées, entre des craintes et des espérances à peu près de même force. — Le ciel étoile, diton, nous apparaît comme les parvis de la Divinité; — mais tous les maux et tous les vices des hommes obscurcissent ces feux célestes.

Une seule voix sans parole, mais non pas sans harmonie^.

1. Une saule voix sans parole, mais no7i pas sans harmonie. L'expression poétique n'abonde pas chez notre écrivain; mais quand elle vient, elle est souvent, comme ici, heureusement trouvée. — Notre grand poète religieux, le poète des Harmonies, plein de l'idée de Dieu, gémit de son impuissance à le saluer, à l'adorer par des noms dignes de lui :

Si seulement, ô mon âme.

Ce Dieu

An zèle nrdent <]ni t'ombrase, Accordait, dniis une extase.

Un mot pour dire son nom !

Ce nom seul redit sans cesse Soulèverait ma tiisf<K«p Dans ce vallon de douleurs.

A défaut de paroles, il offre le recueillement de son silence, l'éloquence de ses

soupirs :

A tes pieds quand elle arrive.

L'&uie errante et fugitive Se recueille en ton amour.

Tu parles, mon cœur écoule; Je soujjjre. tu m'entends; Ton omI compte coutle h «roulte T^es larmes <|ue ]■• ^ i>pnnds ; Dans un sublime mni-mure, Je suis, comme la nature.

Sans voix sous ta majesté :

Mais jo sens en ta présence L'heure pleine d'espérance Tomber dans l'éternité.

Qu'importe en quels mots sçxliale L'àme devant son atiteur?

Kst-il une langue égale A l'extase de mon cœiu?

{Hunine dit soir.) Et encore :

Le silence est la voix suprèuïe D'uu cœur de ta gloire interdit.

MORALK. 13

sans force, mais irrésistible, proclame un Dieu au fond de notre cœur. Tout ce qui est vraiment beau dans Thomme naît de ce qu'il éprouve intérieurement et spontanément. Toute action héroïque est inspirée par la conscience de l'être moral et libre. L'acte de se dévouer à la volonté divine, cet acte que toutes les sensations combattent et que l'enthousiasme seul inspire, est si noble et si pur, que les anges eux-mêmes, vertueux par nature et sans obstacle, pourraient l'envier à l'homme.

De V Allemagne.

De la morale fondée sur Tintérêt national.

Non seulement la morale fondée sur l'intérêt personnel met dans les rapports des individus entre eux des calculs de prudence et d'égoïsme qui en bannissent la sympathie, la confiance et la générosité; mais la morale des hommes publics, de ceux qui traitent au nom des nations, doit être nécessairement pervertie par ce système.

S'il est vrai d'une certaine manière que la morale des individus puisse être fondée sur leur intérêt, c'est parce que la société tout entière tend à l'ordre, et punit celui qui veut s'en écarter; mais une nation et surtout un Etat puissant est comme un être isolé que les lois de la réciprocité n'atteignent pas. On peut dire avec vérité, qu'au bout d'un certain nombre d'années les nations injustes succombent à la haine qu'inspirent leurs injustices ; mais plusieurs générations peuvent s'écouler avant que de si vastes fautes soient punies, et je ne sais comment on pourrait prouver à un homme d'État, dans toutes les circonstances, que telle résolution, condamnable en elle-même, n'est pas utile, et que la morale et la politique sont toujours d'accord ; aussi ne le prouve-t-on pas, et c'est presque un axiome reçu, qu'on ne peut les réunir.

Cependant, que deviendrait le genre humain, si la morale

l'4 MADAME DE STAËL.

n'était plus qu'un conte de vieille femme fait pour consoler les faibles, en attendant qu'ils soient les plus forts? Gomment pourrait-elle rester en honneur dans les relations privées, s'il était convenu que l'objet des regards de tous, que le gouvernement peut s'en passer? et comment cela ne serait-il pas convenu, si l'intérêt est la base de la morale? Il y a, nul ne peut le nier, des circonstances où ces grandes masses qu'on appelle des empires, ces grandes masses en état de nature l'une envers l'autre, trouvent un avantage momentané à commettre une injustice; mais la génération qui suit en a presque toujours souffert.

Kant, dans ses écrits sur la morale politique, montre avec la plus grande force, que nulle exception ne peut être admise dans le code du devoir. En effet, quand on s'appuie des circonstances pour justifier une action immorale, sur quel principe pourraiton se fonder pour s'arrêter à telle ou telle borne?...

Quand, à l'époque la plus sanglante de la révolution, on a voulu autoriser tous les crimes, on a nommé le gouvernement Comité de salut public; c'était mettre en lumière cette maxime reçue : Que le salut du peuple est la suprême loi. — La suprême loi, c'est la justice. — Quand il serait prouvé qu'on servirait les intérêts terrestres d'un peuple par une bassesse ou par une injustice, on serait également vil ou criminel en la commettant ; car l'intégrité des principes de la morale importe plus que les intérêts des peuples. L'individu et la société sont responsables, avant tout, de l'héritage céleste qui doit être transmis aux générations successives de la race humaine. Il faut (jue la iicrté, la générosité, l'équité, tous les sentiments magnanimes enfin, soient sauvés, à nos dépens d'abord, et même aux dépens des autres, puisque les autres doivent, comme nous, s'immoler à ces sentiments.

L'injustice sacrifie toujours une portion quelconque de la société à l'autre. Jusqu'à quel calcul arithmétique ce sacrifiC(i est-il commandé? La majorité peut-elle disposer de la minorité, si l'une l'emporte à peine de quelques voix sur l'autre? Les

M0RAL1-. iii

membres d'une même famille, une compag^nie de négociants, les nobles, les ecclésiastiques, quelque nombreux qu'ils soient, n'ont pas le droit de dire que tout doit céder à leur intérêt; et quand une réunion quelconque, fût-elle aussi peu considérable que celle des Romains dans leur origine, quand cette réunion, dis-je, s'appelle une nation, tout lui serait permis pour se faire du bien!

Ce n'est pas le nombre des individus qui constitue leur importance en morale. Lorsqu'un innocent meurt sur l'échafaud, des générations entières s'occupent de son malheur, tandis que des milliers d'hommes périssent dans une bataille sans qu'on s'informe de leur sort. D'où vient cette prodigieuse différence que mettent tous les hommes entre l'injustice commise envers un seul et la mort de plusieurs? c'est à cause de l'importance que tous attachent à la loi morale ; elle est mille fois plus que la vie physique dans l'univers, et dans Tùme de chacun de nous, qui est aussi un univers ' .

Si l'on ne fait de la morale qu'un calcul de prudence et de sagesse, une économie de ménage, il y a presque de l'énergie à n'en pas vouloir

Une sorte de ridicule s'attache aux hommes d'Etat qui conservent encore ce qu'on appelle des maximes romanesques, la fidélité dans les engagements, le respect pour les droits individuels, etc. On pardonne ces scrupules aux particuliers, qui sont bien les maîtres d'être dupes à leurs propres dépens; quant à ceux qui disposent du destin des peuples, on est tout prêt, selon les cas, à les blâmer d'être justes, et à leur faire un tort de la loyauté; et pourquoi pas ? Si la morale privée est

1. Excellentes paroles. Mais quoi? La conscience humaine proteste vainement, •par la voix des sages, contre la dislinction des dmix morales. La politique, la triste politique, persiste, en des cas trop nombreux, à les séparer, et la tradition iiophistique de gouvernement d'après laquelle le salut public ou l'inlérèt public, prime, au besoin, le droit et la justice, n'est pas près d'être abjurée et détestée •comme elle devrait l'être.

fondée sur l'intérêt personnel, à plus forte raison la morale publique doit-elle Têtre sur l'intérêt national, et cette morale, suivant l'occasion, pourrait faire un devoir des plus grands forfaits, tant il est facile de conduire à l'absurde celui qui s'écarte des simples bases de la vérité. Rousseau a dit quil n était pas permis à xme nation d'acheter la révolution la plus désirable par le sang d'un innocent; ces simples paroles renferment ce qu'il y a de vrai, de sacré, de divin dans la destinée de l'homme'. Be l'Allemagne.

De la bonté.

La première des vertus, la plus touchante des qualités, c'est la bonté ; il me semble que nous avons un tel besoin de la pitié les uns des autres, que ce que nous devons craindre avant tout, ce sont les êtres qui peuvent se résoudre à faire du mal, ou même ceux qui ne sont pas impatients de soulager la peine, dès qu'ils en ont le pouvoir.

Pour condamner une action, pour plaindre, approuver ou blâmer un caractère, il me semble qu'il faudrait toujours se demander quel rapport a cette action ou ce caractère avec le principe de tout bien, la bonté. Je sais qu'une personne imprudente peut faire du mal sans le vouloir; mais il est si facile de la ramener, mais on est si certain de son repentir et de son besoin de réparer, qu'il est impossible d'assimiler ce genre de tort à la moindre action réfléchie qui aurait pour but d'aflliger qui que ce fût. Il me semble que toutes les pages de ce livre" rendent à la bonté le culte qui lui est dû, et, sous ce rapport encore, il me

1. Convaincue, oommo elle l'étail, du nécessaire et indissoluble lien de la politique et de la morale, et ne dmitanl pas •< que tout ce qu'on peut souhaiter de beau cl de prand pour un peuple ne dût sortir d'une bonne organisation sociale, » M"" de Slaol disait : S'occuper de politique, c'est religion, morale et poésie tout ensemble. {Xolice par M"" Necker de Saussure.)

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