Premier ministre de l'impératrice de Russie Catherine U
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toyens, qui voient en lui rornement de leur ville \ et s'en parent aux yeux des étrangers comme d'un don de la nature, le prince de Ligne a prodigué sa vie dans les camps, par goût et par entraînement, bien plus que sa carrière militaire ne l'exigeait. 11 se croit né heureux, parce qu'il est bienveillant, et pense qu'il plaît au sort comme à ses amis. Il jouit de la vie comme Horace, mais il l'expose comme s'il ne mettait aucun prix à en jouir; sa valeur a ce caractère brillant et impétueux
qu'on attribue à la valeur française
Préface d'un Recueil de lettres et de pensées du prince de Ligne.
l>a préjugée contre la femme lettrée et contre la femme auteur.
...La culture des lettres m'a valu plus de jouissances que de chagrins. Il faut avoir une grande véhémence d'amour-propre pour que les critiques fassent plus de peine que les éloges ne donnent de plaisir; et d'ailleurs on trouve dans le développement et le perfectionnement de son esprit une activité continuelle, un espoir toujours renaissant, que ne saurait offrir le cours ordinaire de la vie. Tout marche vers le déclin dans la destinée des femmes, excepté la pensée, dont la nature immortelle est de s'élever toujours.
On n'a presque jamais nié que les goûts et les études littéraires ne fussent un grand avantage pour les hommes, mais on n'est pas d'accord sur l'influence que ces mêmes études peuvent avoir sur la destinée des femmes. S'il s'agissait de leur imposer un esclavage domestique, il faudrait craindre d'accroître leur intelligence, de peur qu'elles ne fussent tentées de se révolter contre un tel sort; mais la société chrétienne n'exigeant rien que