‹ Extraits de ses œuvresChapitre 50 sur 60 · Célèbre roman d'Anne RadcliUe · texte numérisé non relu

Célèbre roman d'Anne RadcliUe

CORRESPONDANCE. 3i7

actions de tous les moments, en connaissant ses devoirs? — Je ne suis pas encore parvenue à me soumettre ainsi, mais le temps fera ce que la force d ame n'a pas pu faire. J'ai reçu une lettre de Mgr le Duc, et je lui répondrai de Rome; c'est une belle date; il faut convenir pourtant que j'aimerais mieux dnter de Paris.

J'ai quelque mérite à ne pas accepter les propositions qu'on me fait* ; car personne, de tous ceux qui plient, n'aurait plus besoin que moi de la récompense offerte.

Je saurai, au retour de l'empereur, ce qu'il décidera sur ma créance-, et je me croiserai avec le pape^. J'ai quelque envie d aller m'asseoir sur le Saint-Sièg-e à sa place; il me semble que mon départ est plus catholique que son voyage.

J'ai reçu une lettre de M'^° de Geghausen*, qui, se plaisant, comme à son ordinaire, à faire du bien, me dit que votre Altesse me conserve sa bienveillance : je la supplie de songer que cette bienveillance m'est devenue plus nécessaire que jamais : n'ai-je pas perdu le trésor où je puisais tout?

Je prie votre Altesse d'agréer mon profond respect.

A If^e Bécamicr.

Coppet, 17 novembre 1806.

Ah! ma chère Juliette, quelle douleur j'ai éprouvée par l'affreuse nouvelle que je reçois! que je maudis l'exil qui ne

1. Des officieux lui faisaient espérer la lin de l'exil qui pesait sur elle, si elle consentait à rendre, dans un écrit public, un hommage au génie de Napoléon et à son règne.

2. Créance de deux millions que M, Necker avait avancés au Trésor public. M"* de Staël ne fut remboursée qu'en 1S16.

3. Le pape Pie VII quittait Rome pour venir sacrer à Paris le nouvel empereur des Français.

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