V. notre Xotice, p. xxxix
5. Une robe de gala, que M"* Récamier avait à peine portée, et que M"» de
qui vous rendaient moins touchante que votre noble courage. Je la porterai mardi, cette robe, en prenant congé de la cour. Je dirai à tout le monde que je la tiens de vous, et je verrai tous les hommes soupirer de ce que ce n'est pas vous qui la portez.
Je ne me suis point amusée cet hiver, mais la bienveillance et la loyauté reposent.
Le prince Auguste de Prusse^ m'écrit une lettre toute remplie de vous. Il parle avec enthousiasme de vos lettres, de votre esprit, de votre caractère. Quand je vous dis que vous êtes la plus heureuse femme du monde, et que vous ne voulez pas me croire
En quittant cette ville, j'ai voulu vous dire un dernier adieu. Il me semble que, dans un endroit où je suis restée cinq mois, votre souvenir a habité avec moi. Je suis restée à Vienne, huit jours de plus que je ne comptais, pour des motifs bien peu importants : pour voir danser Duport, qui est arrivé déguisé en femme ^, et pour entendre M"'' Georges, qui déclame chez la princesse Bagration, en se rendant à Saint-Pétersbourg^; elle a autant envie de quitter Paris, que moi d'y retourner.
Je serai à Coppet le 30 juin, j'espère y trouver Mathieu de Montmorency. Comment peut-il supposer que je resterai en Allemagne en ayant chance de le voir? La Germanie tout entière ne vaut pas, pour moi, deux jours de lui.
Je ne trouve pas M^^" Georges si séduisante ni si aérienne que vous; c'est une beauté sévère; mais elle est aussi très belle.
Staël venait de recevoir en cadeau de son amie, pour s"ea parer à la cour impériale de Vienne?