Libraire-éditeur De IWllcmaffne
de Rovigo * a dit à mon fils : Quoi! nous aurons fait la Qucjre \midant quinze ans pour qu'une femme aussi célèbre que mardame votre mère écrive un livre sur l'Allcïnafjne et ne parle jias de nous! A cela j"ai répondu que louer l'empereur, lorsqu'il me retenait mon bien- et m'exilait de ma patrie, me semblait une pétitioD, et non une louange, et que j'aurais cru manquer de respect en me le permettant. — Il a dit encore, le duc, que VÉtat avait besoin de mes talents ; qu il fallait me décider pour ou contre, comme au temps de la Liyue; que j'avais tort de louer les Prussiens ^ ; quon ferait plutôt du vin muscat avec du verjus que des hommes avec des Prussiens*, etc. La saison trop avancée ne m'a pas permis d'aller en Amérique ; mais, cher Camille, qui pourrait vivre à de telles conditions? J'ai brûlé votre lettre, et je ne ferai point paraître mon livre sur le continent. Ainsi, vous pouvez venir me voir sans inconvénient cet hiver; mais, si vous étiez moi, ne feriez-vous pas ce que je fais? Et pensez-vous que mes enfants et moi nous sommes faits pour planter des choux à Coppet sans rien faire de nos esprits ni de nos âmes? Pardon de vous parler si long-temps de moi; mais je voulais profiter de l'occasion du chevalier Webbe pour vous dire ce que je ne peux écrire par la poste.
Je serais charmée de voir M. Royer, et c'est uniquement la discrétion qui m'empêche d'insister sur son voyage; vous pouvez bien le lui dire. Mais expliquez-moi quelle infernale