‹ Extraits de ses œuvresChapitre 6 sur 60 · De rAlIemafjne, II» partie, ch. iv · texte numérisé non relu

De rAlIemafjne, II» partie, ch. iv

2. Le 4 janvier ISOi, Schiller écrivait au poète Kœrner : « Ma pièce, que j'ai promise au théâtre de Berlin pour la un de février, m'absorbe tout entier, et voilà que le diable m"amone la philosophe française, qui est bien de toutes les créatures vivantes que j'ai rencontrées, la plus mobile, la plus prête au combat, et la plus fertile en paroles. Mais c'est aussi la plus ciiltii:ée, la plus spirituelle des femmes, et si elle n'était pas réellement intéressante, je no me dérangerais pas pour elle. »

3. Une partie de ces lettres a été recueillie par M"»" Lenormant dans le livre intitulé Coppet et Weimar.

Humboldt : mais peu d'esprit de société, des réunions où les femmes élaient laissées à part et où l'on ne causait qu'entre hommes, le tour d'esprit militaire dominant chez la plupart de ceux-ci, une certaine rudesse de leurs mœurs, un air de caséine partout répandu, la laissèrent froide pour celte partie de l'Alleniagne. A la veille de partir pour Vienne, un douloureux message la rappela à Coppet; M. Xecker était mourant. Elle chérissait d'une aifection passionnée ce père, dont elle s'exagérait le génie, mais vénérait très justement le caractère et les vertus; elle lui avait voué, avec une admiration sans bornes, une sorte d'idolùtrie de cœur dont ses écrits portent, en tant d'endroits, le témoignage. On a quelquefois comparé cette tendresse liliale si particulière de M"" de Staël à l'extraordinaire passion maternelle de M"° de Sévigné. On Voit à l'accent de ses regrets combien déchirante fut pour elle la séparation. Ce lui fut un allégement de rassembler pour le public les divers manuscrits que le ministre de Louis XVI avait laissés, et d'y joindre une notice Sur sou caractère et sa vie privée. Puis elle chercha dans un nouveau voyage une diversion à une obsédante douleur. La France lui était toujours fermée. Elle partit pour l'Italie en septembre 1804.

C'est dans les enchantements de ce voyage à travers les musées, les ruines, les souvenirs, sous le plus beau ciel du monde, qu'elle conçut l'idée d'un nouvel ouvrage, où un drame de cœur, non moins touchant que celui de Delphine, s'encadrerait étroitement dans un décor formé des plus pures merveilles des arts, des plus poétiques débris du passé, des plus ravissantes scènes de la nature; d'un livre qui serait à la fois un roman de passion et un tableau vivant de l'Italie.

Par ces deux sortes d'intérêt harmonieusement fondues dans l'unité d'un même récit*, le romande Corinne^ acclamé dès son

1. Avouons cependant, que, durant les promenados dOswald et de Corinne à travers les ruines romaines, un certain luxe d'arcliéologie se glisse parfois dans

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