‹ Extraits des chroniqueurs francaisChapitre 11 sur 341 · DÉPART DES CROISÉS POUR VENISE · texte numérisé non relu

DÉPART DES CROISÉS POUR VENISE

flotte et mettent à la voile dansleurs propres ports ; d’autres vont prendre passage à Marseille ou dans différentes villes d'Italie; le comte de Blois lui-même semble vouloir Villehardouin et Huon de Saint-Pol, qui étaient déjà arrivés à Venise, sont envoyés au-devant de lu et le décident à rejoindre le gros de l’armée ($ 35-55).

Mais tant de défections n'avaient pu se produire sans diminuer de beaucoup le nombre des Croisés : aussi ceux-ci se trouvent-ils incapables, le moment venu, de réunir la somme due aux Vénitiens : alors commencent les difficultés de toutes sortes qui devaient, en fin de compte, faire dévier l'expédition de sa destination primi-

tive et entrainer les croisés d’abord à Zara, ensuite à

gnation de Villehardouin ; les Flamands équipent une

Constantinople.

avait été l’un des premiers à prendre la croix en 1198; enfin sa magnificence et son courage faisaient de lui l’un des

seigneurs les plus en vue de

l'Occident : les troubadours provençaux l'ont chanté au même titre que Richard Cœur de Lion, comme l’un des re-

- présentants les plus accomplis des vertus chevaleresques. Il ” convient enfin d'ajouter qu aux

yeux des hommes du moyen âge les différences de nationalité n’avaient pas la même

importance qu'aux nôtres (un

Lombard, du reste, n'était pas, pour un homme du Nord, un étranger plus que ne l'eût été un Provençal ou un Gascon), que le titre de chevalier constituait en quelque sorte, pour ceux qui le portaient, une seconde patrie, enfin que cette espèce de fraternité internationale resserrait encore plus ses liens quand il s'agissait de combattre l’ennemi commun.—Sur les princes de Montferrat, voy.

Hopf, Bonifaz von Montferrat, et Tessier, La diversion sur Zara, p. 79 ss.

EXTRAIT, DE VILLEHARDOUN.

Préliminaires de l'expédition de Zara. — Message d'Alexis fils de l’empereur détrôné de Constantinople.

Ainsi s’en ala' li cuens Loueïs et li autre baron en Venice; et furent receü a-grant feste et a grant joie, etse logierent en l’isle Saint Nicolas avuec les autres. Mout fu l'oz bele et de bones genz. Onques de tant de gent nus uem plus bele ne vit; et li Veniciien leur firent marchiési plenteüreus?comeil convint de toutes les choses qu'il convient a chevaus et a cors d'omes”; et li naviest qu'il orent appareillié fu si riches et.

4. S'en ala. En ancien français, le verbe se rapportant à plusieurs sujets s'accorde d'ordinaire avec le plus voisin.

Page 1