‹ Extraits des chroniqueurs francaisChapitre 123 sur 341 · FROISSART · texte numérisé non relu

FROISSART

[. — Sa VIE ET SON ŒUVRE.

Froissart naquit à Valenciennes en 15371. Sur sa famille et de ses premières années, nous ne savons rien de positif. Les renseignements donnés sur ce sujet. par divers biographes sont empruntés aux œuvres poétiques

4. Cette date est assurée par plusieurs textes de Froissart même; il dit en effet qu'il avait vingt ans lorsqu'il se mit séricusement à Sun Ouvrage (éd. Kervyn, tome XIV,

p. 2), c'est-à-diré peu après la

bataille dé Poitiers (LE, 5), et

qu'il en avait vingt-quatre eu

1561, l’année où il arriva en Angleterre (XVI, 145 et 255).

La date de 1333, acceptée par quelques biographes, repose sur un autre passage (XII, 217) où Froissart nous qu'en 1590 il avait travaillé à son histoire durant trentesept ans et qu'il en avait alors cinquantesept. Mais il suffit, pour faire disparaitre la contradiction, de corriger ce dernier chiffre en 53: les dates

apprend

étant données en caractères romains dans les manuscrits, un scribe aura pris le premier de LIL pour un V, et le voisinage du chiffre trente-sept aura pu contribuer à son erreur.

Il est vrai que ce texte nous

‘force à faire remonter les pre-

inières investigations historiques de Froissart à 1553; mais il n'y à pas là de contradiction avec le passage que nous rappelions plus haut, car Froissart nous y apprend qu'il se consacra à ses recherches « par especial » à partir de la

“bataille de Poitiers, mais qu'il

les avait commencées. passablement plus tôt, dès qu'il était sorti de l'école, ce qui nous reporte assez exactément à la date de 1555.

de Froissart', et notamment à des pièces allégoriques, où on doit évidemment puiser avec précaution: non point qu’il faille rejeter absolument ces témoignages ; on peut croire par exemple à la fidélité du nortrait que Froissar a tracé de lui-mè «

En mon jouvent tous tels estoie

Que trop volentiers m’esbitoie… Trés que n'avoie que douse aus, Estoie forment goulousans

De veoir danses et carolles,

D'oïr menestrels et parolles

Qui s'apertiennent a deduit.….

Il y avoit des purellettes… ;

Je les servoie d'espinceaus (épingles) Ou d’une pomme ou d’une poire,

Ou d'un seul anelet de voire (verre).

Il me sembloit, au voir enquerre, Grant proece a leur grasce acquerre 2...

Ces vers, qu’on à cités souvent et qui peuvent compter parmi les plus agréables que le x1v° siècle nous ait laissés, sont conformes à ce que nous savons du caractère de Froissart. La mention d'un voyage en Angleterre est également authentique; il Le fit en 1361. Mais ce serait une naïveté que de chercher son histoire dans le long et banal roman qu'il se plait ensuite à dérouler ; gardons-nous de croire, par exemple, que son voyage ait eu pour cause un désespoir d'amour; il nous avoue lui-même que, s’il partit, c'est surtout qu’il voulait ( mieux valoir », c’est à-dire faire fortune”,

Tel était si bien le véritable motif de son voyage qu'il

1: Publiées par A. Scheler 9. Il faut considérer, à notre en trois volumes in-8, Bruxel- | avis, comme de pures invenles, 1870-2. C'est l'édition que | tions poétiques l’histoire de nous citons. son retour à Valenciennes, de

2. ‘Ed. Scheler, t. 1, p. 88 | sa rupture avec la jeune fille (Espinelte amoureuse). qu'il avait aimée, etc. M. Ker-

wyn. cherchant sous chaque mot un renseignement biographique, veut que Froissart, Parti pour l'Angleterre en U356, soit revenu en 1557 et qu'il ait trouvé sa dame mariée (I, 2e partie, p. 9). Mais Froissart nous apprend luimême dans sa Chronique qu’il alla en Angleterre pour la première fois en 1361 et qu'il ne quitta point ce pays durant cinq ans. M. Kervyn tire du reste la plupart de ses renseignements d'un poème dont l'authenticité n'est pas soutenable, la Court de May, d'après lequel il fixe la date du départ de Froissart au 16 avril 1556. Le passage sur lequel il s'appuie se trouve “donc en contradiction avec la Chronique, et fournit un argument de plus contre l'attribrtion de la Court de May à Froissart. IL faut faire les plus expresses réserves sur la mé- “thode suivie par "M. Kervyn dans sa biographie de Froissart, œuvre dépourvue de

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