XE
« Sitost que nousi 3. Voyez plus loin, p. 265,
a, Cale HE: PE:
NOTICE. ; 185 l3s insolentes paroles de Jean Chandos, provoquant Kerouet le Breton (VI, 454), tant de discours, tant de scènes ’une suisissante vérité, Froissart, s'il les eût inventés, l'aurait rien à envier à Shakespeare : il serait un des plus |rands poètes dramatiques du monde. On s'étonne de lui ‘oir décrire avec tant de verve les écus qui flambotent, es étendards qui bauloient et ventelent, le merveilleus rustin des armures qui s’entrechoquent ; on se demande ‘omment il a pu savoir aussi exactement, à propos d’une oûte, le nombre des passes d'armes, des lances rompues, les heaumes brisés; on athmire qu'il se passionne pour son sujet au point de s’enivrer du bruit de la lutte, de s'extasier sur la beauté d’affreux spectacles, et de trouver sour les décrire la langue hardie et pittoresque d’un vieux soudard, quan nous savons que le bon chanoine, — il nous l’a avoué lui-même, — était fort pacifique et n'aimait guère plus que Sosie à s'approcher des lieux où l’on peut recevoir des horions !, C’est que ce n’est pas lui qui parle, en elfet, mais quelqu'un de ces hommes d'armes qui avaient pu compler les coups, étant de ceux qui les avaient donnés où reeus, et qui n’imaginaient rien au monde de plus beau que deux armées s’avauçant l'une” contre l’autre, les lances en arrêt et les pennons au vent, ou s'entre-choquant dans le bruit et la poussière, parmi les morts et les navrés étendus dans la plaine. Ainsi s'explique la varicté, la vérité admirable de sa chronique, et comment son siècle y revit tout entier. C'est que la plupart du temps il n’a pas fait œuvre d’auteur, qu'il s'est borné à rassembler le plus grand nombre possible de personnages, et qu'il s’est effacé devant eux. Son livre est le théâtre où ils sont venus successiverñent, sans préoccupation d’un public dont ils ignoraient la présence, avec une hberté et une sincérité parfaites, jouer leur bout de rôle ou réciter leur tirade,