Kervyn. t. I, p
“188 7: VE EXTRAITS DE PHOISSART 20 27 Ge sont là, dira-t-on, des défauts dé l'homme, qui nou importent peu. Mais il arrive souveñt qu'ils font tort l'historien; sans doute, il a déployé dans ses enquêtes | soin le plus scrupuleux ; il à toujours pris soin d’inter roger des représentants des deux partis ‘: 1l à toujour aflirmé son zèle pour la vérité. Mais cé zèle ne suffit pas le plus difficile n'est point peut-être de discerner la vérit à travers la contradiction des témoignages, c’est de ] défendre contre nos intérêts el nos passions, de he poin permettre à des influences qui nous sont chéres de l’obs curcir à nos propres veux. Froissart, avec son espri superticiel et mobile, en étaital capable? ,Pouvait-il êtr fidèle à ces principes qu'il a si hautement proclamés ? Certes, on à eu tort de contester son inpärtialité, d lui supposer, par exemple, quelque hostilité à l'égard di la France. Hainuyer, et non Français de naissance, Anglai d'adoption, il né devait rien à notre pays: et s'il fau s'étonner de quelque chose, c'est de la sympathie qu'i lui témoigne?. Mais il est juste d'ajouter que cette impar tialité est faite surtout d'indilférence : l'idée de patrie qui était née pourtant, — les bourgeois de Calais, ceu: de la Rochelle l'ont bien montré, — lui était parfaitemen étrangere ; il ne se scandalise point que certains seigneur: gascons (se tournent » Anglais, puis Français, pou revenir enfin à l'Angleterre, selon que leur intérêt le commande; il ne songe même pas à s'en étonner, et ne se demande point pourquoi Jean de Hainaut, après avoi combattu dans les rangs des Anglais, embrassa tout à coup le parti de leurs adversaires, Sa véritable patrie,
. 1. M le fait remarquer à | tuyal que la version castildiverses reprises (V,/448; VI, | lané, et il court à Bruges pour 442) et note quand Iles ver: | y interroger les Portugais qu'il sions concordent (XII, 219). espère y trouver (XI, 963).
Au moment où il rédigeait son | 2: 11 se qualifie lui-même de troisième livre, il s'avise qu'il | « François ». Voy. p. 315.
La sur les événements de Pur- | 5. Hi n'est que juste de re-
NOTICE. e-s100 ’ést le monde chévaleresque. Ses sympathiés vont, nôn joint à Un pays, mais à une classe déterminée : il mel l'une part les chevaliers, ou en général les gens de tuerre, dé l’autre les bourgeois et les vilains, de quelque iationalité qu’ils soient : il a pour les uns une estitne, à ‘égard des autres une défiance également instinctives. C'est qu’en effet lé milieu aristocratique dans lequel il vait l'avait faconné à son image, et, en lui imprimant lans l'esprit tous ses préjugés, lui avail ôlé cette indéendante de jugement qui est la première condition de ‘impartialité; il calomnie et accuse de lâcheté les boureois de Caen qui, € en essayant de défendre contre unie juissante armée une ville ouverte, firent pretive ati confaire d’un courage poussé jusqu'à la-témérité! »; il prouve un malin plaisir à montrer les hommes des Comfutes brandissant leurs épées quand ils sont à trois ieures des ennemis et s'écriant: « Mort, mort à ces perides Anglais! » (V, 46) et se débandant avant même de les avoir aperçus. Tous ceux qui osent « se rebeller » contre leur seigneur, que ce soient les bandes à demi sauvages déchainées par Wat Tyler ou les € Blancs Ghaperons » de Gand, sont qualifiés de ( meschiantes gens », de « pendaille et ribaudaille* ». Il ne parle au contraire des gentilshommes qu'avec la plus respectueuse réserve, et il est bien rare qu'il se permette de critiquer leurs actes, même les plus repréhensibles. Ases yeux, comme 1 ceux des chevaliers, le courage justifie tout: 1l n’est pas loin d'approuver ces « povres brigans » qui, (s'en allant par voies couvertes », épiant ou « eschelant » les
sata *
marquer quéla guerre de Cent Ans n'a pas lieu proprement entre Anglais et Français, mais entre partisans des droits d'Edouard [ll et des droits de Philippe VI; on pouvait être bou Français et ne pas admet-
tre là loi salique. Mais il est vrai qu’en fait, la guerre prit vite un caractère national.