‹ Extraits des chroniqueurs francaisChapitre 145 sur 341 · DO · texte numérisé non relu

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affirmer qu’il a toujours été, comme il essayait de le faire,

€ parmi le tranchant » (XI, 154), et qu'il n’a pas penché.

du côté de ceux qui l’ont soutenu de leur argent ou de leurs conseils? Faut-il rappeler avec quelle facilité il

épouse les passions et les rancunes de ses patrons,

Anglais avec celui-ci, Français avec celui-là ; avec quelle aisance même il sacrifie Pun à l’autre, effaçant le nom de Robert de Namur d’une rédaction où il introduit des louanges à l'adresse de Gui de Blois ou de ses parents1? Pense-t-on que, si l'accueil qu'il reçut à Orthez eût été autre, il eût parlé dans les mêmes termes de ce chevalier « si trés parfait qu'on ne le pourroit trop louer ? » Or il nous apprend lui-même -que ce modèle de toutes les verlus avait tué, dans un accès de colère, son cousin Pierre de Béarn, et qu'il avait tout au moins causé par son aveugle cruauté la mort de son propre fils, que Froissart trouve moyen de plaindre moins que lui-même.

C'est que Froissart, homme d'église et de plume par occasion, n’est en réalité qu’un ménestrel qui a fait fortune, un frère heureux des jongleurs du xn° et du «ur siècle. Au lieu d'amuser 1es sexgneurs par des tour, d'adresse, en chantant des laisses de chansons de gestes ou en récitant des fableaux, il les sert « de beaus ditiés et traittiés amoureus » et couche par écrit leurs hauts faits. Mais l’histoire, si elle est devenue pour lui une noble et captivante distraction, a d'abord été son gagnepain. Quelle que soit la familiarité où l’admettent les grands, il vit de leurs libéralités, qu’il n’éprouve du reste aucune honte à solliciter, recevant de l’un une houppelande?, d'un autre une haquenée, d’un autre enfin un

1. Dans une seconde rédac- | désobligeants pour Henri IV ion du quatrième livre (con- | que lui avait d'abord dictés sa enue dans le manuscrit 2646) | reconnaissance à l'égard de l'a effacé, dans l'intention évi- | Richard If. lente de complaire au due Au-| 92.1a première de ses pas- Jert de Bavière, tous les traits | tourelles semble écrite pour

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muid de blé où de bons florins d'or. On ne doit donc - pas s'étonner qu’il n’ait rien vu au monde de supérieur à une sociélé qui lui assurait cette vie large et facile pour laquelle 1l était si bien fait; mais il ne faut point dissi muler que le ressort de son âme s’y est détendu, que familier et presque valet des grands, il a rarement le: sentiments et le langage d'un homme libre. LX est er somme sa grande infériorité.

demander une houppelande. | faisait le plus sou‘ent aux jon: Ou sait que les dons de vête- | gleurs. — Cf. Dit du Florin inents étaient de ceux que l'on | v. 234.

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