Gibier. Ce mot a en anc
français le sens de chasse et particulièrement de chasse aux oiseaux; aller en gibier =aller à la chasse.
2. Maury. Olivier de Mauni, chevalier breton (Mauni est actuellement un hameau de la commune de Quiou, Côtes-du- Nord, arr. de Dinan, ce. Évron), , neveu de Du Gueselin, qu'il
de res ca npagnes, notamment en Castille. Il ne faut pas confondre sa famille avec celle des Mauni de Haute- Normandie (Mauni, château de la commuire de Saint-Nicolas d'Attez, arr. Évreux, c. Breteuil}, ni avec celle des Masni d'Artois, dont le nom est souvent écrit Mäuni au moyen âge” (au, Masni, arr. et c. Douai).
C'est à la dernière de ces fa-" milles qu'appartenait Gautier de Mauni, l’un des meilleurs” lieutenants d'Édouard HI, que * Froissart célèbre comme l’un des types les plus accomplis du | chevalier. 4
PCR 1 Ft = X PR cs De “+ i va Ko RS ps Se , 1 AL Le LES PERDRIX D'OLIVIER DE MAUNL. F99f A : s fo ous avez trouvé marchant. — Et à Picu le‘veu!, »
espondit le dit Olivier, « ouil: attendez moi et je ous paleray tout sec.» Adonques descendi des murs ur les fossez, qui estoient tout pleins d'eaue, et se xist à nagier et passa tout oultre, armé de toutes” ièces fors du hefhoï$ de jambes et des gantelèz, et int a son marchant qui l'attendoit d'autre part. El e combatirent moult vaillamment l'un contre l’autre, nnguement et assez près de l'ost du duc de Laneasre?, qui les regarda et vit moult voluntiers et detfenit que nuls n'i alaSD AP Avant. Er aussi ceuls de la ille, et les dames qui la dedans estoient, prindrent rant plaisir à eulx regarder. Touteloiz tant se ombatirent ces deus vaillans hommes et tant firent larmes que le dit Olivier de Mauny conquit moneigneur Jehan de Bolleuon, son marchant, atout les erdriz; et voulsist ou non, il l'en mena, moult du- ‘ement blecié, parmi les fossés dedanz la cité, et le esenta aux dames a toutes? les dittes perdriz, qui le receurent moult liement et l'onourerent moult grandement. : ;
Ne demoura mie grandement après que le dit
4, À Dieu le veu. « J'en fais le vœu à Dieu. » Veu est la {re pers. sing. pr.-ind. de voer.
2. Lancastre. Henri de Lancastre, comte de Derby, l’un des lieutenants d'Édouard I, avait conduit en 1545 et 1346 l'armée d'invasion qui 1 avagea le Périgord, a Guyenne et le
Languedoc. Nommé en 1355 capitaine général en Bretagne pendant la minorité du duc Jean (dont le père était mort en 1545), il prit encore part à l'expédition d Edouard IH en France en 1559-60. 41 mourut en mars 1561, 9. Voy. p. 41, n. 4.
Olivier, qui se sentoit blecié durement el ne poto FRE à d'aucunes herbes qu'il congnoissoit bien pour lui guerir, si appella son prinsonnier moult courtoisement et lui dist : « Monseigneur Jehan, je m sens bleciez durement ; si congnois la dehors aucunes herbes par lesquelles, a l’aide de Dieu, je pourroie legierement recouvrer santé et guerir de mes plaies; : si vous diray que vous ferez : vous partirez de ci et ‘irez par devers le duc de Lancastre voire seigne ur et m'apporterez un sauf conduit pour moi Güatrrenid durant un mois, tant que je soie guari ; et se ce mes pouez pet er, Je vous quitteray de vostre prinsons et ou cas que ainsi ne le ferez, vous retournerez ceans mon prinsonnier Comme devant. »
De ces nouvelles fut le dessus dit monseigheur Jehan de Bolleton moult joieus, et partit de leans, et vint en l'ost ou il fut receü a grant joie de tous ei meismement du duc de Lancastre, qui assez le rigola des perdriz. Et puis fist sa requeste au due, lequel lé lui acorda moult bonnement, et tantost commandx que le sauf conduit feust escript et seellé. Ainsi fut fait. Tantost le dit monseigneur Jehan partit du duc a tout le sauf conduit et revint en la cité et le baïlla a som maistre Olivier de Mauny qui lui dist qu'il avoit moult. bien exploittié et tantost le quitta de sa prinson. Et
1. Finer. Verbe formé sur| 2. Rigola, plaisant © fin; proprement venir à bout; 3. Maictre. Ce mot signifie, il a tous les sens qui peuvent | dans cet emploi particulier, dériver de celui-là; ici, se|le « propriétaire » d'un pris procurer. sonnier.
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artirent ensemblé de la bonne cité à Rennes et. ndrent en l'ost du duc de Lancastre, lequel les vit ioult volontiers, et fist grant chiere et monstra grant one d'amour au dit Olivier. Et dist bien le dit duc ue en lui avoit noble cuer et bien monstroit qu'il roit encores moult vaillant homme et de grant rouesce, « quant, pour avoir mon sauf conduit et un eu d’erbes!, il a quitté un tel prinsonnier qui bien ouoit paier dis mille moutons d'or”. »
Après ces choses ainsi faittes, le duc de Lancastre rdonna une chambre pour logier Olivier de Mauny t commanda qu'elle fust tendue et paree moult richesent et que on lui baillast et delivrast tout ce qui esoing lui-seroit. Ainsi que le duc le commanda, insi fut fait. La fut le dit Olivier logié en lost du duc £ lui baïlla Fénf les ciurgiens et medicins du due qui le visitoient touz les jours. Et aussi le duc l'aloit eoir et conforter moult souvent. Et tant fut illec u'il fut guari de ses plaies. EL tantost prinst congié u duc de Lancastre et le remercia moult grandenent de la trés grant honneur qu'il lui avoit faitte, 1 aussi prinst il congié aux autres seigneurs el à on prinsonnier Qui favoit ‘esté, Monseigneur Jehan jolleton. Mais au departir le duc de Lancastre lui lonna moult belle vaisselle et lui dist : « Mauny, je