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ment tout ce que on li faissoit; car ce Ghisebrès Mahieu, qui doyens des navieurs estoit adont et qui ce Jehan couvertement haioit, lui retrencoit au tierch ou au quart les proufis que il deuist avoir de sa navie. Jehans Lyons souffroit tout ce et ne sonnoit mot et se dissimuloit sagement et prendoit en gré tout ce que on li faissoit : de quoi Pietres dou Bos!, qui estoit li uns de ses varlès, s'esmervilloit grandement et li remonstroit a le fois comment il pooit souffrir les tors que on li faissoit, et Jehans respondoit : « Or tout quoy* : ilest heure de taire et si est heure de parler. »
Ghisebrès Mahieu avoit un frere que on appielloit Estievenart, soutil homme et visseus® durement, et dissoit a ses freres, et sortissoit * bien tout ce qui leur avint: «Certes, signeur, Jehans Lions sê sueffre main= tenant et baisse la teste bien bas; mais il le fait tout par sens et par malise, car encores nous honnira il lous et nous metera plus bas que nous ne soions maintenant haut. Mais Je conseilleroie une cose à entruesque® nous sommes en le grace et amour
1. Pietres dou Bos. Pierre van der Bossche n'était, quoi qu'en dise Froissart, ni valet, ni « de bas lignage » ; sa famille, ancienne et illustre, était unie par des liens de parenté à celle des Yoens. Il devint peu après l'un des chefs les plus influents des Gantois et resta jusqu'au bout l'un des ennemis les plus acharnés de Louis de Male et de son
successeur. Après la défaite de son parti, il se retira en Anoleterre.