Varyër, agir autrement
PE EE LE POCERLT 2 A A MER NS Er ENS SEE: PSE VOYAGE DE FROISSART EN BÉARN. 313
perloit tout acertes. Toutesfois, tout pensé et consi'oré, il respondi : « Monseigneur, voirement Je « vous doy foy et hommaige, car je suis ung povre « chevallier de vostre sang et de vostre terre, mais «.e chastel de Lourde que orendroit demandés que « je vous rende et mette en vos mains, Je ne le vous « renderay pour nulle rien. Vous m'avés mandé. Jay « obey : si poués faire de moy ce qu'il vous plaira « de le tiens et garde pour le roy d'Angleterre, qui m'y a commis et establi, et a personne qui soit nullement ne le renderay fors a luv. » Si tost que
2 conte de Fois ou ceste response, Le sang lui prist 4 muér en felonnie et en courrous, et dist en tirant aors une dague : « Ho! ho! faulx traïstre, as tu dit que non?-Par ceste teste!, tu ne l'as pas dit pour
« neant! » Adont fery il de sa dague sur le chevallier par telle maniere qu'il le navra moult villainement en cinq lieus, ne il n'y avoit la baron ne chevallier qui osast aler au devant. Le chevallier disoit bien : « Ha! monseigneur, vous ne faittes pas gentillesse. Vous m'avés mandé, et si me occiés. » Et tou- Lesfois il eut cinq coups en char? d'une dague, si commanda le conte qu'il fust mis en la fosse,-et il Le fut et la morut; car il fut petitement soingnié de ses playes5.
1. Par cesle teste, « par ma | même (livre I, ch. CCCLXXIV; lête ». Luce, VII, p. 174), Picrre de 2, Char, chair. , Béarn serait mort les armes 9. Playes. Nous devons dire | à la main, en 1373, on défenque. suivant une autre version, | dant Lourdes contre le duc rapportée par Froissart lui-| d'Anjou. |
M4 EXTRAITS DE FROISSART. L — Ha! Sainte Marie, » disjeau chevallier, « sire, que vous en semble? Ne fut ce pas trés grant cruaulté% — Quoy que ce feust, » dist le chevallier, « ainsi en advint il. Or se advise chascun‘ de le courrouchier; car en son Courrous n à nul pardon. Il tint son cousinf germain le visconte de Chastelbon?, et qui est SO heritier, huit mois en la tour a Orthais en prison," et puis le raenchonna il a quarante mille francs. É Comment, sire ? » dis je a messire Espang de Lyon «n'a dont le conte de Fois nuls enffans, quant je vous" os° dire que le visconte de Chastelbon est son heritier % — Certes, » distil, « le conte de Fois n'a nuls enffanss de femme espousee, mais il a bien deux bastars,. jeunes chevalliers, que vous verrés a Orthais, qu'il ayme autant que sey meïsmes, messire Yeuvain et messire Gratien. — Et ne fut il oncques marié? — Si fut, » respondi le chevallier, « et est encoires, mais: madame de Fois“ ne se tient point avecques luy. — EL ou se tient elle? » dis je. — « Elle se tient en * Navarre, » respondi il, « car le roy de Navarre est son cousin#, et fut fille jadis du roy Loys de Navarre. — Et le conte de Fois n'en eut il oncques nuls enffans? — Si ot, » dist il, « ung trés beau fils, qui
1. Chascun, e.-à-d. que | lippe HI, roi de Navarre) et de chacun réfléchisse bien. Jeanne de France {fille de Louis 2. Chastelbon. Roger-Ber-|le Hutin): elle avait épousé nard [IITI, vicomte de Castelbon | Gaston Phœbus en 1549. (Catalogne). 9. Cousin. Le roi de Navarre, 9. Os — entends. Charles IT dit le Mauvais (1349- 4. Madame de Fois. Agnès, | 1387), était le frère et non le fille de Philippe d'Évreux (Phi- | cousin d'Agnès de Navarre.
h Ts LT re RCE ? - “4 pee TT . ANNE AR Fr.
toit tout le euer du pere et du pays, car par luy juvit la terre de Berne, qui est en debat, demourer 1 paix, pour tant qu'il avoit a femme la suer du nte d'Armeignach!. — Et, sire, » disje, « que devint st enffant? Le puet on savoir? — Ouy, » dist il, mais ce ne sera pas maintenant, car la matiere est ‘op longue, et nous sommes a la ville, si comme vous ès. » À ces mots je laissay le bon chevallier en aix, et assés tost après nous entrasmes en la ville e Tha:be, ou nous feusmes tous aises a l'ostel a Estoille, et y sejournasmes tout ce jour, car c'est : ne vile trop bien aisie?, pour sejour de chevaux, e bonnes avo'nes, de bons fains et de belle riviere.
Le jour de Sainte-Catherine (25 nov.), au soleil couant, Froissart et messire Espan arrivent à Or.hez.
Le chevallier descendi en son hostel, et je desendi a l'ostellerie a la Lune, sur‘ ung escuier du onte, qui s’appelloit Ernaulton du Pin, le quel moult ëment me rechupt pour cause de ce que j'estoic rançois. Messire Espang de Lyon, en la quelle comaignie Jestole venu, monta amont ou chastel, et arla au conte de ses besoignes et le trouva en ses
4. Armignach. Le jeune Gas- | espéré mettre fin à la guerre n. fils de Gaston Phœbus, avait | séculaire qui divisait les maiousé Béatrice, fille de Jean II | sons de Foix et d'Armagnac. Armagnac (etsœur de Jean IIF, 9, Aisie, pour aaisie. Voy. s#nant au moment où parle | p. 147, n. à roissart);leducd’Anjou.enné-| 5. Srjour: Voy. p. 296, n. G. ociant ce mariage (1377) avait | 4. Sur, chez.
galleries, car a celle heure ung petit devant avoit i disné; car l’usage du conte de Fois ést tel ou estoi alors, et l'avoit tousjours d'enfance tenu, que il s + pt descouchoit! à haulte? nonñè 8t SOupoit a mye nuit Le chevallier Iuy dist que j'estoie la venu. Je fus tantost envoié querre en mon hostel, car c'estoit ou est, s'il vit, le seigneur du monde qui le plus vous leutiers veoit estrangiers pour ouir des nouvelles! Quant il me vit, il me fist bonne chiere et me retint de son hostel5, cu je fus plus de douze se punaines je et me: chevauls bien jFeüss, et de toutes choses | dOuvernés.
L'accointance de Iuy a moy fut telle pour ce temps que je avoye avecques inov porté ung livre, le quel J'avoie fait a la requeste et contemplation * de-monseigneur Wincelaus de Boesme, due de Luxembourg et de Brabant, et sont contenus ou dit hvre, qui s'ap= pelle de Meliador®, toutes les chansons, ballades, rondeaulx et virelais que le gentil duc fist en som temps : les quelles choses, parmy l'ymfgination que j'avoie de dittier et de ordonner le livre’, le conte! de Fois vit moult voulentiers.‘Et toutes nuis après
1. Descouchait. Le comte fai- | tion, égard. « Pour lui obéir: ». sait la. sieste et se levait vers 6. Meliador. Sur ce roman,“ quatre heures de l’après-midi. | où Froissart a en effet inter