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Commines maltraite fort

temps (voy. plus loin p. 376; il n'a également que du mépris pour les petites gens : on comprend sans qu’il le dise que c'est surtout parmi les hommes « de moyen état » c’est-à-dire dans la bourgeoisie ou la petite noblesse, qu'il voudrait voir se recruter les conseils des rois.

doivent être à leur égard justes et bons. Qu'ils se montrent,

du reste, anse lab et « humbles » envers tous; si peuvent ainsi susciter de modestes dévouements qui, dans certaines circonstances, ne sont pas les moins précieux (V, 5). L'humihté est enfin une bonne mesure de précaution : elle nous épargne la honte de changer d'attitude quand le succès nous a abandonnés.

Ces ministres mêmes, quelque soin qu'il at mis à les choisir, le prince ne doit pas les croire aveuglément ?: il doit se défier, non seulement de leurs lumitres, mais de leur fidélité : tous les princes sont soupconneux « et par especial les saiges » (VI, 6). « Et n’est pas honte d’estre peus mais c'est grant honte d'etre trompé, » (II, 5.)

Mais ce dont il faut surtout se défier, c'est de la fortune : elle est changeante, et ses retours sont terribles. Aussi faut-il se remettre entre ses mains le moins souveut possible. Une bataille perdue est moins redoutable par ses résultats immédiats, par la perte de quelques hommes ou la honte encourue, que par ses conséquences lointaines, par la confiance ets rend aux ennemis du dehors et du dedans (I. 2 515, Une victoire elle-même peut être funeste en troublant listes et en surexcitant l'ambition de celui qui ia remporte#,

1. Il loue le roi d'avoir été | sance hourguignonne la défaite « humble en paroles et en ha- | de Granson, où Charles le Té-

bits » (1, 10).

2. Commines a démêlé avec une grande pénétration les infliences diverses qui peuvent fausser le jugement ou la conscience des plus sages et des plus honnêtes (IE. 2).

2. Commiues se souvient évidemment ici des déplorables elfets qu'avait eus pour la puis-

méraire n'avait cependant perdu que hu:t hommes d armes.

4. 11 fait remonter tous les malheurs du duc de Bourgogne à l'orgueii que lui inspira la stérile et fortuite victoire de Montlhéri (1, 4: voy. plus loin p. 370). 11 n'est pas loin de penser que Louis XI lui-même, malgré toit sin sang-fretd, eut

Se NOTICE. 349 Aussi doit-on rarement attaquer ses ennemis de front; à ruse vaut mieux que la violence. Un bon corps de diplohaies, voilà la véritable force d'un gouvernement. Les iremières qualités qu'il faut exiger des ambassadeurs out la sagesse sans doute et l'habileté, mais surtout l'humilité », la patience ; ïls doivent « passer leute hose el toute parole pour venir a la fin de leur naliere » (HE, 8). Leur rôle, Commines ne le dissimule oint, consiste à tromper les ennemis par quelque onne couleur et ung peu apparente » (LE, 4). 11s ne: sorent point de leurs fenetions et ne manquent point à eurs devoirs en se livrant à l'espionnage et au trafic des onsciences (I, 8). Commines leur recommande de pratiquer » (ce mot revient à chaque instant sous sa lune) les serviteurs de leurs ennemis, c’est-à-dire de les uarchander, et, pour les attirer à eux, d'y mettre Île wix. Loin de blämer les tentatives de corruption, fl conidère comme un don du ciel Part d'y réussir. I les uge si naturelles qu'il couseilie de prendre contre celles: ws précautions : il faut combler les ambassadeurs de wlles paroles et méôine de cadeaux, ‘mais les tenir cn [juarantaine ?.

Commines, parti de prin‘ipes qui paraissaient dictés jar une sagesse simplement avisée el prudente, nous unène en somme, par une pente douce et comme insen-

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à tête tournée par la joie que ui causa la mort irespérée de ‘on ennemi, et qu'à ce moment | pécha, malgré les conseils que lui-même lui donnait, par wécipitation et par violence V, 13, 14).

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