‹ Extraits des chroniqueurs francaisChapitre 34 sur 341 · HE · texte numérisé non relu

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se travailla tant uns hauz om de l'ost, qui ere d'Alc

maigne, qui avoit non Garniers de Borlande, qui s’en ala en une nef de marcheanz, et guerpi l'ost: dont il reçut grant blasme..…. |

Or pouez savoir, seigneur, que se Dieus n'amast . céste ost, qu'elé ne peüst mie tenir ensemble, à ce. que tant de gent li queroient inal.

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tulle, à

a | ARRIVÉE à À to.” AT

be ho vbers quittent l'armée, avec sentiments 2 des chefs, pour aller en Syrie, et promettent de revenir le plus tôt possible 1. On reçoit des nouvelles de la flotte

flamande qui hivernait à Marseille et qui se met à la —

disposition des Groisés?. Ceux-ci obtiennent du pape d'être relevés de léxcommunication encourue pour le. siège de Zara. Ils quittent cette ville (7 avril 1203) après avoir été abandonnés par plusieurs de leurs compagnons, et arrivent à Corfou; ils y sont rejoints par le Jeune Alexis et les messagers de Philippe de Souahe. Le moment venu de prendre une décision définitive, de nouveaux tiraillements se produisent, et l'armée manque encore une fois de se démembrer ($ 102 112).

4. Villehardouin note avéc | sédons là lettre qu'il adiessa amertume qu'ils ne revinrent | aux Croisés à cette occasion jamais. Ils étaient partis pro- | (Migne [, col. 1180) : ïl les abbablement sous le prétexte | sout à condition quils emd'aller voir si une attaque di- | pêchent, autant qu'il sera en rigée contre la Syrie avait des | ieur pouvoir, la de truction de chances de succès. + | Zara, qu'ils restituent le butin

9. Quand les Flamandssurent | au roi de Hongrie et lui fassent que l'expédition se dirigeait | réparation. La première de ces sur Constantinople, ils se gar- | clauses n’empêcha pas la ville dérent de la rejoindre, et cin:| d’être détruite par les Véniglèrent directement vers la |tiens, et le butin fait ne fut- Palestine, où ils savaient, dit | pas rendu; quant à ceux-ci, téméräirement Villehardouin, | qui n'avaient pas o$é où däi- « qu'ils ne feraient rien de | gné demarider leur pardon, ils profitable » restèrent frappés de Fexcoim-

3. Cette expédition contre un | munication; on eut donc ce prince crôisé, uniquement utile | spectacle singulier de Croisés aux Vémtiens, n’était évidem- | accomplissant leur vœu avec ment. pas faite pour plaire au | l'aide et dans là conipagnie. pape: Cependant il crut pru-| d'exconmuniés {voir Tessicr, dent de pardonneï ; nous pos- | p. 194-204). 7

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Les chefs de l’armée parviennent encore une fois a retenir les dissidents.— Départ de Corfou.

Ainsi sejournerent en cele isle trois semaines, qui mout ere riche et plenteüreuse. Et dedenz cel sejour lor avint une mesaventure qui fu pesme et dure; qu'une granz partie de ceus qui vouloient l'ost depecier, et qui avoient autre fois esté encontre l'ost, parlerent ensemble et dirent que.cele chose leur sembloit estre mout longe e mout perilleuse, et qu'il remandroient en l’isle, et en lairoient l'ost aler: et par le conduit a ceus de Corfou! (et quant l’oz en seroit alee) envoieroient au conte Gautier de Briene ?, -

1. Par le conduit a ceus de Corfou, c'est-à-dire apparemment ‘en se servant d'eux comme guides. k

2. Gautier de Briene. Gautier IT de Brienne avait épousé une des filles de Tancré, dernier roi de Sicile; en 1201, après s'être croisé, il était parti avec soixante chevaliers champenois (voy. Villehardouin, $ 33) pour faire valoir les droits de sa femme sur le comté de Lecce. Innoçent II le favorisa de tout son

pouvoir pour diminder l'influence du parti allemand, qui dominait alors dans l'Italie méridionale {voy. Gesta Innoc., ch. 25-54; et Tessier, op. cit., AT sq.). Gautier mourut. en Italie (1205) sans avoir visité la Terre Sainte. — Son frère Jean de Brienne fut un instant roi de Jérusalem (1209) et mourut âgé de plus de quatre- vingts ans (1237) en disputant aux Bulgares les derniers débris de l'empire de Constantinople,

NOUVEAU DÉSACCORD ENTRE LES CROISÉS. 47 qui adonc tenoit Brandis, qu'il leur envoiast vaisseaus pour aler à Brandis'..

Et quant ce oï It marchis de Montferrat, et li cuens Baudouins de Flandres, et li cuens Loueïs, et li cuens

de Saint Pol, et li baron qui se tenoient a leur acort,-

si furent mout esmaié ct dirent : « Seigneur, nous « somes mal bailli. Se ceste genz se partent de nous ( avuec ceus qui s’en sont parti par maintes foiz, « nostre oz sera faillie, et nous ne pourrons nule « conqueste faire. Mais alons a eus et leur cheons as « piez, et leur crions merci, qu'il aient pour Dieu pitié « d’eus et de nous, et qu'il ne se honissent, et qu'il « ne nous toillent la rescousse d'outre mer. »

Ainsi fu li conseuz acordez; et alerent tuit ensemble en une valee ou cil tenoient leur parlement, el menerent avuec eus le fl l’empereeur de Coustantinoble, et touz les evesques et touz les abez del'ost. Et come il vindrent la, si descendirent a pié. Et cil, come il les virent, si descendirent de leur chevaus et alerent encontre. Et li baron leur cheïrent as piez, mout plourant; et dirent qu'il ne se mouvroient trés que cil avroient creanté qu'il.ne se mouvroient d’eus.

4. Pour aler a Brandis. Vs | ser directement en Syrie. Villene voulaient pas retourner | hardouin cite dans un passage dans leurs foyers, mais, désap- | que nous n'insérons pas ($114) prouvant l'expédition de Con-|le nom des principaux barons stantinople, comme Sinon de | qui les soutenaient ; il ajoute Montfort, Pierre des Vaux de | que, ouvertement ot non, Cernay et bien d'autres, ils | « plus de la moitié de l’armée cherchaient les moyens de pas-| était de leur avis ».

Et quant cil virent ce, si ion grant pitié ‘et plourerent mout durement, quant il virent leur seigneurs et leur parenz et leur amis cheoir a leur piez; si dirent qu'ilen parlerotent; et se trarrent à unepart et parlerent ensemble. Et la some de leur conseil fu teus qu'il seroitent encore avuec eus trés qu'a la | Saint Michel, par tel convent qu'il leur jureroient sour sainz loiaument que dès enqui en avant, de quel

cure qu'il les en semondroieut, dedenz les quinze jourz, qu'il lor donroient navie à bone foi, senz mal engien, dont il pourroient aler en Surie.

Ainsi fu otroié et juré; et lors ot grant joie par toute l'ost. Et se recoillirent es nés, et li cheval furent mis es uissiers

Ainsi se ÉAnE deu port de Corfou, la veille de Pentecouste, qui fu mil et deus cenz anz et trois après l'incarnacion Nostre KSeigneur Jesu Crist. Et enqui furent toutes les nés ensemble, et tuit li uissier et

-toutes les galies de l'ost, et assez d’autres nés de marcheanz qui avuec eus s'erent aroutees. Et Hi jourz fu beaus et clers, et Li venz douz et soués; et 1l laïssent aler les voiles au vent.

Et bien tesmoigne Jofroiz li mareschaus de Champaigne, qui ceste uevre dita (qui aine ni menti de mot a son esciént, si come il qui a tous les conseuz fu), qu'one si bele chose ne fu veüe. Et bien sembloit estore qui terre deüst conquerre ; que tant qu'on pouoit veoir à ueil ne pouoit on veoir se votes non de nés el de vaisseaus, si que li cuer des omes s'en esjoissoient mout. | =

© ARNITÉEA CONSTANTINOPEE © 4

. Récit de la traversée. Les premiers arrivés s'emparene

d'\vie(Abydos) et y attendent le reste de la flotte. Celle-ci

arrive à l'abbaye de Saint-Etienne (San Stefano), en vue.

de Constantinople; deseription de la ville; débarquement. — Sur le conseil du doge, les Croisés se résolvent à aller

d'abord recueillir des vivres dans les iles voisines; ils

remeltent à la voile pour exécuter ce projet el passent sous les murs de la ville € si près qu'on tira sur maintes de leurs nefs ». À Lx vue de Constantinople, « Notre-Seiyueur leur fit changer le dessein qui avait été pris la

veille de touruer vers les îles, comme si chacun n’eneût

Jamais oui parler ». Ils débarquent sur la côte d'Asie, à Chalcédoine; après y avgir séjourné trois jours, ils s’avancent, en suivant Île ie. jusqu'à l'Éscutare (Scutari). L'empereur déjloie son armée en face d’eux, sur la côte d'Europe. — Quatre-vingts chevaliers croisés défont cinq cents cavaliers grecs et rapportent leurs dépouilles au camp (S 121-140).

L’usurpateur envoie un messager aux Croisés pour leur demander raison de leur attaque. Fière réponse de Conon de Béthune. Les Croisés embarquent le jeune Alexis sur une galère et le font voir au peuple, qui se montre très froid à son égard. — Parlement où sont prises les dermères dispositions en vue du siège; l'armée divisée en sept corps ($ 141 153).

Premier siège de Constantinople.

L,' jorz fu devisez quant il se requeudroient es nés el es vaisseaus, pour prendre terre par force, ou

on

pour vivre ou pour mourir : et sachiez que ce fu une des plus douteuses choses a faire qui ‘onques fust.. Lors parlerent li evesque et li clergiez au pueple, et leur moustrerent qu'il fussent confès et feïst chascuns sa devise; qu'il ne savoient quant Dieus feroit son comandement d’eus. Et il si firent mout voulentiers par toute l'ost, et mout piteusement

Li termes vint si come devisé fu; et li chevalier furent es uissiers tuit avuec leur destriers ; et furent tuit armé, les heaumes laciez, et Li cheval couvert et

-enselé. Et les autres genz qui Wavoient mie si grant

mestier en bataille furent es granz nés tuit; et les galies furent armees et atournees toutes. |

Et li matins fu beaus, un pou après le soleil levant; et l'emperere Alexis les atendoit a granz batailles et a granz conroiz de l’autre part. Et on sone les buisines; et chascune galie fu a un uissier lotec pour passer outre plus delivrement. Il ne demandent mie chascuns qui doit aler devant; mais qui “inçois puet ainçois arive. Et li chevalier oissirent des uissiers et saillirent en la mer tres qu’a la ceinture tuit armé, les heaumes laciez et les glaives es mains ; et li bon archier et li bon sergent et li bon arbalestier, chascuns a sa compaignie la endroit ou ele ariva.

Et li Grieu firent mout grant semblant deu retenir; et quant ce vint as lances baissier, li Grieu leur tournerent les dos; si s’en vont fuiant, et leur laissent le rivage. Et sachiez qu'onques plus orgoilheusement nus porz ne fu pris.

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