DAS > MORT DE BONIPACE
appelé en toute hâte par Pierre de Bracheux, assiégé dans Gique, du côté de la mer par Esturion, du côté de la terre par Théodore Lascaris. On équipe une flotte de quatorze galères. À son approche, ceile d'Esturion s'en. fuit et Lascaris lève le siège de son côté. Mais il se jette sur Nicomédie, défendue par Thierri de Loos. Après avoir reculé une première fois devant l’empereur, 1l reprend l'offensive et défait Thierri de Loos dans une sortie. L'empereur accourt de nouveau pour le secourir. Il accepte les propositions de Lascaris et consent, pour obtenir une trêve, à démanteler Cyzique et Nicomédie (juin 1207) ($ 476-489).
Libre de ce côté, il peut enfin aller visiter Andrinople. Il s'avance trop loim dans les terres de Joannis, et son armée, surprise dans des défilés, éprouve un échec sérieux. Il revient à Andrinople ($ 490-494).
Boniface, après avoir fortifié Serræ, s’avance jusqu à Messinople et donne un rendez-vous à l'empereur : les deux princes se rencontrent à Kypsella ; le marquis fait hommage de ses terres à l’empereur; après s'être donné rendez-vous devant Andrinople pour la fin de l'été, l’un rentre à Constantinople et l’autre à Messinople ($ 495-497).
Boniface est tué en essayant de repousser une incursion des Bulgares.
. Quant li marchis fu a Messinople, ne tarda mie plus de cine jourz qu'il fist une chevauchiee, par le conseil as Grieus de la terre, en la montaigne de
84 EXTRAITS DE VILLEMARDOUN Mestinoplé, plus d'une grant journee loin. Et come.
il ot est en la terre et vint au partir, li Bougre de
la terre se furent assemblé; et virent que li marchis
fu à pou de gent. Et vienent de toutes parz, si s’'assemblent a sa riere garde. Et quant li marchis oi le cri, si sailli en un cheval touz desarmez, un glaive
en sa main. Et come il vint la ou il estoient assemblé
a sa riere garde!, si leur couru sus, et les chaça une grant piece ariere,.
La fu feruz d'une saiete li marchis Bonifaz de Montferrat, par mi le gros deu braz dessouz l'espaule, morteument, si qu'il éomenca a espandre deu sance.
Et quant sa gent virent? ce, si se comencierent a
esmaier et à desconforter et a mauvaisement maintenir. Et cil qui furent entour le marchis le sostindrent; et il perdit mout deu sance, si se comenca à pasmer. Et quant ses genz virent qu'il n'avroient nule aïe de lui, si se comencierent a egmaier; et le comencent à laissier. Ainsi furent desconfit par ceste “mesaventure; et cit qui remestrent avuec lui (et ce fu pou) furent mort. ;
Et Hi marchis Bonifaz de Montferrat ot la teste
coupee; et Ja gent de là terre envoierent Johannis* la” teste, el ce fu une des graigneurs joies qu'il eüst”
onques. Îla las! come doulereus domage ci ot a
l’'empereeur Henri et à touz les Latins de la terre de
A1. Sa mere garde, C.-à-d. 2. Virent. Voy. ci-dessus, | |
attaquant son arfiére-garde. | p. 122, n. 4.
liere garde de retro, suivi du | 3. Johannis. Au datif, Voy.… éubst, vérbal de garder, p. 71,1% 6
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D 2 MORT DE BONIPACE. à à 85
Romenie, de tel ome perdre par tel mesaventure, un des meilleurs barons et des plus larges et des meilleurs, chevaliers qui fust eu remanant deu monde! Et ceste mesaventure avint en l'an de lincarnäcion Jesu Crist mil deus cenz et set anz!.
4. C'est sur ces mots que se termine lelivre de Villehardouin.