JOINVILLE
EL — SA vie.
Entre Villehardouin et Joinville, tout est contraste, à commencer par leur vie : le premier, après avoir pris une part active et prépondérante aux plus graves affaires deson temps, était mort. avant la vieillesse, loin de sa patrie; le second termina dans son château une longue et paisible carrière, dont le seul événement important avait été sa participation à la croisade de 1248, où il ne tint pas un des rangs les plus élevés. Ses ancêtres (car c'était depuis longtemps une tradition dans sa famille que d'aller guerroyer contre les Infidèles) avaient, semblet-il, brillé davantage dans les croisades antérieures : les services de son bisaïeul Geoffroi IT, dans l'expédition de 1148, avaient été assez éclatants pour lui valoir la charge de sénéchal de Champagnet, dont la succession fut même assurée à ses descendants. Geoffroi IV, fils du précédent, qui combattait à Acre (où il mourut en 1192), ayant à ses côtés son propre fils Geoffroi V, dit Trouillart, mérita par ses prouesses Fhonneur que lui fit Richard Cœur-de- Lion en l'autorisant à partir son écu à ses armes?. Geoffroi V étant mort sans postérité (vers 1205), la charge de
1. On sait que le sénéchal | ville dans une épitaphe qu'il réunissait tous les pouvoirs, | composa en 1311 pour le tommilitaires et civils, sous la seule | beau de son bisaïeul. (On en autorité du comte. trouvera le texte dans l'édi-