C’était, non plus Malek- | Touran-Chah
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remplacérent celui-ci voulaient se débarrasser des prison. niers par un massacre général, et leur avis fut sur le point de prévaloir; enfin, la capitulation consentie par le: Soudan fut ratifiée par les émirs. Les principaux prisons niers furent délivrés après un mois de captivité (6 avril® 6 mai) qui avail été pour eux fertile en émotions. Quand Joinville débarqua à Saint-Jean-d’Acre, où less débris de l'armée furent recueillis par les chrétiens de Terre-Sainte, 1} était en fort triste état : la plupart de ses. chevaliers et de ses hommes d'armes étaient morts, les autres dispersés; lui-même, malade (il faillit s'évanouir sur le palefroi qui l'amena du port à la ville), n'avait pour tout vêtement qu'une couverture d'écarlate fourrée de menu vair que sa mère lui avait donnée au départ, et que les Sarrasins lui avaient laissée par pitié, Logé chez un prêtre, dans une chambre attenante à une église et vois sine des cloches, il entendait vingt fois par jour sonner le glas et réciter les prières mortuaires pour ceux de ses compagnons auxquels on rendait les derniers devoirs ; aussi s’abandonnait-il aux plus tristes réflexions, Enfin la santé lui revint, et ses affaires prirent un meilleur cours : le roi le ( retint » à son servicet et le mit à la tête de quar ante chevaliers; ils’était en effet décidé à prolonger son séjour en Terre Sainte, comme le lui avaient conseillé la plupart de ses barons et Joinville lui-même, qui, dans celte circonstance encore, fit noblement son devoir, bien qu'il lui en coûtât. Il vécut alors avec le roi dans la plus flatteuse intimité. Dès le matin, après la messe entendue, il allait le trouver et travaillait ou faisait une promenade à cheval avec lui, Il l’accompagna à Césarée (mars 1251-
1. Joinville était entré une | probablement renouvelé d'anpremière fois au service du roi | née en année, jusqu'au molors de son arrivée à Chypre en | ment où le roi s’attacha définiseptembre 1249 ; quant à l'enga- | tivement Joinville par l'octroi gement conclu à Acre, il expi- | d'une rente perpétuelle de rait à Pâques 1251, mais il fut | 200 livres (1253).
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mai 1252), puis à Jaffa, et enfin à Sidon (juin 1955février 1254). Ces quatre années, que le roi employa à d'utiles et pénibles travaux, se passèrent assez agréablement pour Joinville, quine savait pas être triste longteinps et prenait fort gaiement sa vie de pêlerin ; il faisait faire grande chère aux chevaliers que le roi avait mis sous ses ordres, se préoccupant, à l'entrée de l’hiver, d'amasser de copieuses provisions, surtout de vin, dont il faisait toujours « boire le meilleur avant ». [n'eut à reprendre les armes que rarement; cependant, en allant de Jaffa à Sidon, il faisait partie du détachement qui mena contre {a ville de Bélinas! uneexpédition où il s’aventura, nous ditil, plus que personne, Enfin, au printemps de 1254, le roi se décida à quitter la Terre Sante. Ce ne fut pas sans une vive satisfaction que Joinville mit le pied sur le vaisseau . qui devait le ramener en France (25 avril), Après une traversée qui fut longue et marquée par des incidents dont quelques-uns faillirent tourner au tragique, on aborda à Hyères . (17 juillet), et, arrivé à Beaucaire, Joinville se sépara du roi pour repréndre le chemin de son château, qu'il avait quitté depuis six années, Il n'avait pas encore ‘trente ans. Le reste de sa vie, qui se prolougea pendant soixante-trois années, fut aussi calme que la première partie en avait été agitée : il était rassasié d'aventures et jugeait qu'il avait assez fait pour l'idéal. Aussi refusa-t-il, malgré les instances du roi, de prendre part à la croisade de 1270, qu'il ne eraignit point de blämer au nom même de. l'Évangile, alléguant que la première obligation du pure est d assurer le bonheur GE ses Vassaux ne 155).
toute « etrile et apovroïiee », et il jagéait. que sa vie
serait bien remplie s’il parvenait à réparer ‘tous les maux causés par son absence,
Ses devoirs ne l’empêchaient pas de songer à ses plai-