‹ Extraits des grands philosophesChapitre 112 sur 331 · I. — Le matérialisme de Hobbes. La sensation · texte numérisé non relu

I. — Le matérialisme de Hobbes. La sensation

La sensation est le principe de la connaissance, et tout savoir n dérive.

La sensation elle-même n'est pas autre chose qu'un mouvement

ieoertaineft parties gui existent à l'intérieur de l'être sentant, et

M parties sont celles des organes à Taide desquels nous sentons.

La mémoire consiste à sentir que Ton a senti.

-Qcuut àrimagination, c'est la sensation continuée, mais af-

Nflie.

' Gomme une eau stagnante, mise en mouvement par une pierre i*on y aura jetée ou par un coup de vent, ne cesse pas de se m aussitôt que la pierre est tombée au fond ou dès que le cesse ; de même l'effet qu'un objet a produit sur le cerveau I cesse pas aussitôt que cet objet cesse d'agir sur les organes. t4u-dire que, quoique la sensation ne subsiste plus, son image conception reste, mais plus confuse lorsqu'on est éveillé... edtte conception obscure et confuse que nous nommons fanou imagination. Ainsi l'on peut définir l'imagination une »tion qui reste et qui s'affaiblit peu à peu à la suite d'un des sens. Hobbes. De la Nature humaine^ ch. xi, g 3.

IL — Le désir.

»LeB conceptions et les imaginations ne sont réellement rien que mouvement excité dans une substance intérieure de la tête ;

imouvement ne s'arrétant point là, mais se communiquant au \ doit nécessairement aider ou arrêter le mouvement que t nomme vital. Lorsqu'il l'aide ou le favorise, on l'appelle irir, contentementj bien^trcj et ce n'est en réalité qu'un moulent dans le cœur, de même que la conception n'est qu'un

mouvement dans la tête ; alors les objets qui produisent ce moi vement sont appelés agréables^ délicieux, etc. Ce mouvemei agréable est nommé amour relativement à l'objet qui l'exdt Mais lorsque ce mouvement affaiblit ou arrête le mouvema vital, on le nomme douleur. Et, relativement à Tôbjet qjtà.. produit, on le désigne sous le nom de haine.

Ce mouvement dans lequel consiste le plaisir ou la dooleiire encore une sollicitation ou une attraction qui entraîne vej l'objet qui plaît, ou qui porte à ^'éloigner de celui qui d^al Ce mouvement se nomme appétit ou désir quand Tobjet e agréable, aversion lorsque l'objet déplaît naturellement, craim relativement au déplaisir que l'on attend. Ibid,

m. — La volonté.

Ou les actions suivent immédiatement la première appétence 0| désir, comme lorsque nous agissons subitement; ou hienàiioby premier désir il succède quelque conception du mal q ui peutréfoUv pour nous d'une telle action, ce qui est une crainte qui nousi!^ tient ou nous empêche d*agir. A cette crainte peut succéder Wt nouvelle appétence ou désir, et à cette appétence une nouieb crainte qui nous ballotte alternativement : ce qui continue jn»* qu'à ce que l'action se fasse ou devienne impossible à faire par quelque accident qui survient... L'on nomme délibérationi» désirs et ces craintes qui se succèdent les uns aux autres... Dam la délibération, le dernier désir, ainsi que la dernière crainle»' se nomme volonté.

Comme vouloir faire est désir, et vouloir ne pas faire est ciamiiS la causedu désir ou de la craintejest aussi la cause de notre voltiiki

La volonté et le désir sont une seule et même chose, oonsidMl sous des aspects différents.

Ce qui se passe dans l'homme, quand il veut, ne diffère ^dflt de ce qui se passe dans les autres animaux lorsqu'ils désirei^ sauf la délibération...

La liberté de vouloir ou de ne vouloir pas n'est pas pins granit dans l'homme que dans les autres animaux. En effet, dans mM qui désire, la cause du désir précède le désir, en telle sorte q«tV désir ne peut pas ne pas suivre, c'est-à-dire qu'il suit nécessaM*' ment. Une liberté telle qu'elle soit libre de nécessité ne eoûVtH^ donc pas plus à la volonté des hommes qu'à celle des brutes. HoBDBs. De la Nature humaine, xii. — Des Corps j xxv, § ti*

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