HOBBES
De ce que chaque particulier a soumis sa volonté à la volonté de celui qui possède la puissance souveraine dans l'État, en sorte çu'il ne peut pas employer contre lui ses propres forces, il s'ensuit manifestement que le souverain doit être injusticiable» quoi qa'U entreprenne.
En une cité parfaite, il faut qu'il y ait une certaine personne qui possède une puissance suprême, la plus haute que les hommes puissent raisonnablement conférer et même qu'ils puissent recevoir : or cette sorte d'autorité est celle qu'on nomme abtolue ; car celui qui a soumis sa volonté à la volonté de l'État, en sorte qu*il peut faire toutes choses impunément et sans comnettre d'injustice, établir des lois, juger le procès, punir les QÂmes, se servir, ainsi que bon lui semble, des forces et des 'jooyens d'aulrui, de vrai il lui a donné le plus grand empire qa'il soit possible de donner.
Le sonveraîn n'est pas tenu aux lois de l'État. En effet, les lois &e sont que la volonté même du souverain, c'est-à-dire lui-même, Bt nul n'est obligé envers soi-même.
Ck>mine il a été prouvé ci-dessus qu'avant l'établissement de la Hiciété civile toutes choses appartiennent à tous^ et que personne ne peut dire qu'une chose est sienne si af&rmativement qu'un àntie ne se U puisse attribuer avec même droit, car là ou tout ^t eommim il n'y a rien de propre, il s'ensuit que la propriété les choses a commencé lorsque la société civile a été établie, et {ne ce qu'on nomme propre est ce que chaque particulier peut retenir à soi sans contrevenir aux lois, et avec la permission de L^État, c'est-à-dire de celui à qui on a commis la puissance souveraine. Gela étant, chaque particulier peut bien avoir en propre quelque chose à laquelle aucun de ses concitoyens n'osera toucher et n'aura point de droit, à cause qu'ils vivent tous sous les mêmes lois ; mais il n'en peut pas avoir la propriété en telle sorte qu'elle exclue toutes les protestations du législateur, et qu'elle empêche les droits de celui qui juge sans appel de tous les différends, et dont la volonté a été faite la règle de toutes les antres.
L'âme est ce qui donne à Thomme la faculté de vouloir ; de même le souverain est celui duquel dépend la volonté de toute la république. Je comparerais à la tète le premier ministre duquel le souverain se sert pour le gouvernement de l'État, car c'est à la tête de donner conseil et à l'âme de commander.
HoBDBS. De ImperiOf ch. ¥, vi, vu.